31 janvier 2008
Un exemple édifiant de vulgarisation des paiements électroniques
Je souhaiterais partager avec vous l'exemple norvégien de dématérialisation des instruments de paiement. En dix huit (18) années, les paiements avec support papier sont passés de 82% à 6% tandis que les paiements électroniques passaient de 18% à 94%. Il s'agit incontestablement d'une progression fulgurante qui ne pourra certainement pas être répliquée dans la zone UEMOA pour diverses raisons mais qui permet de comprendre que si les conditions sont réunies, l'électronique peut remplacer aisément le papier dans les habitudes financières des populations.
29 janvier 2008
A quand la bancarisation des salaires au Bénin ?
L'Etat béninois a transposé la directive N°08/2002/CM/UEMOA du conseil des ministres de l'UEMOA portant sur les mesures de promotion de la bancarisation et de l'utilisation des moyens de paiement scripturaux en loi N°2006-11 du 17 août 2006 applicable sur l'ensemble du territoire. Aussitôt à la rentrée scolaire et universitaire d'octobre 2006, le gouvernement du Bénin a souhaité mettre cette loi en application. Mais la résistance des centrales syndicales fut si forte et, malheureusement certains de leurs motifs si justifiés que la mise en application a été suspendue.
Parmi les arguments avancés à l'époque, nous avons retenu particulièrement l'insuffisance du réseau bancaire béninois. Les syndicats ont indiqué, à raison, que la bancarisation rendrait la perception des salaires difficile aux fonctionnaires hors de Cotonou, P/Novo et Parakou. Ces derniers subiraient un coût de déplacement important pour accéder à une agence bancaire.
Ils ont également estimé que les frais de tenue de compte bancaire grèveraient leurs salaires sans compter les délais d'attente à l'encaissement.
Malheureusement quinze mois plus tard, force est de constater que malgré l'effort des établissements bancaires, les points de blocage demeurent importants. Le réseau bancaire béninois s'est étendu au cours de l'année 2007 mais demeure insuffisant. Les frais de tenue de compte se sont relativement allégés sous l'effet de la concurrence mais ne sont pas nuls. Le système automatique de compensation (SICA-UEMOA) a démarré et devrait permettre d'écourter les délais d'encaissement des valeurs.Mais, il reste tant d'obstacles pour satisfaire les points soulevés par les centrales syndicales qu'on peut légitimement se demander quand la loi N° 2006-11 du 17 août 2007 pourrait réellement être mise en application au Bénin
En attendant que le réseau bancaire béninois ne soit réellement en mesure de déservir tout le pays, nous pensons qu'on peut réfléchir sur des alternatives. Le réseau assez dense des bureaux de poste peut être mis à contribution. L'obligation de bancarisation peut être décidée pour les fonctionnaires vivant dans les régions où la densité des agences serait jugée acceptable. N'ayant pas étudier les aspects pratiques de nos suggestions, nous ne sommes pas en mesure ici de dire comment cela pourrait se faire concrètement mais nous demeurons convaincus qu'il est possible de trouver des approches qui permettent aux fonctionnaires béninois de rejoindre le "monde du scriptural" sans subir les coûts qu'ils avancent pour justifier leur refus de la bancarisation.
La volonté du gouvernement de procéder à la bancarisation voire à la financiarisation de l'économie béninoise ne fait l'objet d'aucun doute. Mais les bonnes approches devront être trouvées de concert avec les différents acteurs concernés.
24 janvier 2008
Maroc: Les indicateurs de bancairsation sont au vert
Le Royaume du Maroc est connu pour son dynamisme économique et financier. La modernisation des systèmes et moyens de paiement est une réalité depuis plusieurs années. Le Royaume qui a déjà l'un des meilleurs taux de bancarisation au Maghreb fait des avancées notables dans le long processus de démocratisation des services bancaires.
Le seuil de bancarisation de 5000 habitants par guichet est à portée de main. La mégalopole casablancaise est même en dessous avec 4247 habitants pour un guichet bancaire. La moyenne au niveau national est de 7300 habitants par guichet à fin décembre 2006. Il s'agit incontestablement d'une progresion très appréciable. Rappelons pour comparaison que l'UEMOA est à fin 2006 à 98930 habitants par guichet (calcul de l'auteur)
Source: Rapport 2006 de supervision bancaire (Bank Al-Maghrib)
21 janvier 2008
Un forum sur la sous-bancarisation de l'Afrique
Je vous invite à faire un tour sur ce forum et à donner votre avis. La sous-bancarisation est l'un des problèmes majeurs dont souffre le système bancaire et financier des pays africains.
Quelle définition pour la sous-bancarisation ?
La bancarisation désigne la pénétration des services bancaires dans la population. Il s'agit donc plus d'un processus que d'une situation de fait. Mais à un instant t donné, on peut la quantifier et en juger du niveau. Ainsi il est fréquent d'entendre certains pays être qualifiés de pays bancarisés tandis que d'autres sont qualifiés de pays sous-bancarisés. Mais la véritable inconnue dans cette catégorisation est le seuil de référence. A partir de quel niveau de pénétration des services bancaires dit-on qu'un pays est bancarisé?
Cette préoccupation nous paraît d'une importance capitale. Nos recherches personnelles ne nous ont pas permis d'identifier une norme internationale et officielle en la matière. Cependant, il nous a été donné de lire dans plusieurs articles de presse que ce seuil équivaudrait à une couverture démographique d'une agence banacaire pour 5000 habitants (1). En clair, un pays est bancarisé s'il existe au moins une agence bancaire pour 5000 habitants. A fin 2005, l'UEMOA était à une agence bancaire pour 110.677 habitants. Les pays de cette zone sont donc qualifés de pays sous-bancarisés. Par contre la France est environ à 2500 habitants pour une agence bancaire. Elle est qualifiée de pays bancarisé. Loin de contester la notion de sous-bancarisation, nous pensons que sa définition demeure assez problématique. Nous montrerons la difficulté en nous basant sur le seuil de 5 000 habitants/agence indiqué ci-dessus.
En terme d'accès aux services bancaires et financiers, 5000 habitants dans un pays développé (PD) n'équivalent pas à 5000 habitants dans un pays en voie de développement (PVD). Il existe une différence qui tient essentiellement au fait que dans les PVD, la population est fortement juvénile (moins de 15 ans) et la proportion d'actifs est moins importante. C'est le contraite dans les PD où la population est vieillissante avec une forte proportion d'actifs. Les jeunes de moins de 15 ans n'ont pas de ressources financières bancarisables et peuvent utiliser la monnaie fiduciaire sans un impact important. Une telle définition ne permet donc pas de traduire le besoin réel de bancarisation dans les PVD. Elle la surestime.
La deuxième inssuffisance de cette définition de seuil est qu'elle ne prend pas en compte l'impact du fossé technologique entre les PD et les PVD. Au niveau de ces derniers, les populations sont très souvent obligées de se rendre physiquement à leur agence pour réaliser la moindre des opérations bancaires. Le traitement des opérations est peu automatisé, ce qui rallonge le temps d'attente au guichet. Il est donc fort probable qu'un client soit obligé de se rendre à plusieurs reprises dans une agence pour réaliser la même opération. Il est difficile de qualifier de bancarisé un pays où il faut faire une longue queue pour bénéficier de services bancaires même si ce seuil est respecté. Par contre dans les PD, les réseaux bancaires sont fortement informatisés et la monétique est très développée. La banque électronique est une réalité. Une agence peut donc gérer plus de comptes qu'il n'est possible dans un PVD.
Au vu de ces deux critiques, nous pensons qu'il n'est pas adéquat de retenir un seuil de référence identique pour tous les pays. Ce seuil doit être adapté à chaque catégorie de pays pour tenir compte de leurs caractéristiques.
GAJ.
(1) Norme citée notamment par Karim Djoudi, ministre algérien, délégué en charge de la réforme financière ( www.algeriedz.com/article7643.html)
18 janvier 2008
Création des agences bancaires dans l'UEMOA: Quelle contribution à la bancarisation?
L'Union Economique et Monétaire Ouest africaine fait de petits vers une bancarisation réelle de son économie. Il n'est un secret pour personne que le taux de bancarisation demeure extrèmement faible dans l'Union. Il est inférieur à 9% (1). Cette situation tient à plusieurs facteurs tant institutionnel, politique, juridique, économique que social.
L'inexistence des infrastructures de base comme la route, le courant électrique et le téléphone oblige les banques à réduire leur champ d'actions aux seules capitales et autres grandes villes. La création d'agence n'obéit donc pas forcément aux besoins du marché. Cela se traduit par une faible corrélation entre le taux de bancarisation et le taux de pénétration démographique des agences bancaires. En effet, dans des pays si peu bancarisés que ceux de la sous-région, on aurait pu s'attendre à ce que les nouvelles agences soient ouvertes en fonction des marchés nouveaux dénichés par les établissements de crédit. Mais les statistiques disponibles (2001 à 2006) ne satisfont pas cette attente.
En réalité, les agences sont ouvertes plus pour fidéliser une clientèle déjà existante ou pour en prendre aux banques consoeurs que véritablement pour attirer de nouveaux clients. Un collègue d'une banque commerciale a cette formule " On ne crée pas une agence pour attendre l'argent. On crée une agence pour mieux gérer l'argent."
Mais même dans les capitales et grandes viles, les agences bancaires sont concentrées dans les quartiers d'affaires. Au coût des opérations bancaires proprement dites vient s'ajouter donc celui du transport. Ce qui n'est pas favorable à la démocratisation des services bancaires.
Il est évident que l'objectif de bancarisation n'est pas la priorité d'une institution commerciale. Mais il n'en demeure pas moins que cet objectif n'est pas forcément incompatible avec la recherche de profit et que l'augmentation de 17% entre 2005 et 2006 du nombre des agences bancaires laisse présager d'une évolution positive de la situation. Il faudra un peu plus de temps pour apprécier l'impact réel de cette augmentation sur la bancarisation des populations.
(1) Calcul fait par l'auteur sur la base du rapport commission bancaire 2006 et le WDI 2006
15 janvier 2008
FERLO: l'exemple sénégalais de promotion de la monnaie scripturale dans les IMFs
FERLO est un système de paiement électronique privatif commun à quatre IMF sénégalaises (PAMECAS, ACEP, Crédit Municipal de Dakar et PAME) qui met à la disposition des clients des cartes de débit ou de crédit et un porte-monnaie électronique. Cette expérience nous paraît particulièrement intéressante non seulement parce qu'elle offre des avantages certains aux utilisateurs, aux commerçants et aux distributeurs mais surtout parce qu'elle constitue une avancée notable dans la promotion des moyens scripturaux de paiement.
07 janvier 2008
Afrique : Et si le téléphone mobile palliait la sous-bancarisation du continent !
Il s'agit là du titre d'un article très intéressant que je vous invite expressément à lire. Personnellement j'en suis convaincu, le m-paiement sera d'un atout déterminant dans la lutte pour la bancarisation des économies africaines en général et sous-régionales en particulier.
Source: webmanagercenter
04 janvier 2008
La marche du Maroc vers la bancarisation
Le taux de bancarisation progesserait de 4% par an au Maroc.
Source : vie éco
02 janvier 2008
La poste au secours de la bancarisation au Cap-Vert: un exemple pour l'UEMOA
Le Cap-vert a lancé dans le mois de décembre 2007 une réflexion sur la création d'une banque postale pour servir de vecteur de bancarisation des classes les moins favorisées. Le Cap-vert a un taux de bancarisation de près de 70% ce qui est largement au dessus du taux des pays de l'Union mais qui devra être amélioré pour une démocratisation complète des services bancaires et financiers. Le Gouverneur de la Banque Centrale de Cap-vert semble réticient à l'idée d'une banque postale offrant tous les services bancaires mais reconnaît à la poste toute sa place stratégique dans le processus de massification de la bancarisation compte tenu du maillage important de son réseau d'agences.
La Poste est incontestatblement une solution de choix que les pays de l'UEMOA pourraient valablement utiliser. Il serait donc intéressant que la réflexion soit également faite dans l'Union sur la nécessité ou non de créer une banque postale ou de renforcer les services financiers postaux dans l'objectif d'une bancarisation accrue des populations.
Refer: afriquenligne.fr
