19 février 2008
Non bancarisation des salaires dans la fonction publique: l'Etat perd des heures voire des jours de travail pour rien.
Voici un article sur le Gabon qui met en exergue, si besoin en était, la nécessité de procéder le plus tôt possible à la bancarisation des salaires dans a fonction publique. TRÉSOR PUBLIC / PAIEMENT DES
SALAIRES Mettre
fin aux interminables files d'attente devant les
guichets
Le spectacle déshonorant des
usagers agrippés aux' guichets du Trésor public
entre le 24 et le 30 décembre a
interpellé plus d'un, en l'occurrence la
direction qui annonce des mesures pour pallier
ce désagrément. Ainsi des guichets automatiques
avec cartes de retrait feront leur apparition
dans quelques mois. QUE s'est-il passé entre le
24 et le 30 décembre dernier ? le guichets du
Trésor public étaient plus que d'habitude,
bondés. Usagers et préposés aux services étaient
au bord de l'apoplexie. Cette situation, explique la
direction du Trésor, était due au fait que tout
le monde tenait absolument à toucher son
salaire, sa pension, sa bourse au même moment. Comment est-on arrivé à une
telle situation sachant que ces différents
usagers perçoivent leur dû sur une période de 21
jours comprise entre le 24 du mois et le 15 du
mois suivant ? Pourquoi ce délai a-t-il été
ramené brutalement à 6 jours seulement ? Les explications des services
du Trésor nous éclairent sur les raisons de
cette cohue, pour le moins, inhabituelle. Selon un calendrier bien
établi, à partir du 24 du mois, 18 000
fonctionnaires perçoivent leur salaire par bon
de caisse au Trésor public. Le jour suivant, ce
sont les retraités qui leur emboîtent le pas,
suivis 10 jours plus tard (à compter du 5) par
les 8000 étudiants boursiers. Or, il se trouve que les
désagréments de Gabon Poste ont fait affluer
3901 fonctionnaires de plus devant toucher
dorénavant leurs émoluments aux guichets du
Trésor. Ce qui de surcroît rend difficile la
possibilité d'un paiement rapide et prélude déjà
les surchauffes à venir. Une situation, il faut bien
l'avouer, tributaire de l'effet papillon induit
par la décision autorisant les étudiants
boursiers à aller toucher leur dû au Trésor. Profitant de la dernière
visite privée du chef de l'Etat à Franceville
durant le mois de décembre, des milliers
d'étudiants et d'élèves en l'occurrence ceux de
l'Université des sciences et techniques de
Masuku (USTM) lui ont soumis leur souhait
d'entrer en possession de leur bourse avant le 5
du mois, donc durant la période du 24 au 30
décembre. Répondant à une sollicitation
aussi pressante, le chef de l'Etat, a donné son
accord pour que les paiements s'effectuent à la
trésorerie de Franceville. Informés, les étudiants de
Libreville ont exigé le même traitement que
leurs collègues de Franceville. D'où le débordement qu'on a
connu à compter du 24. Aux 18 000 fonctionnaires
et autres retraités, se sont donc ajoutés les
3901 fonctionnaires de Gabon Poste et les 8000
étudiants boursiers. Soit près de 12 000 usagers
supplémentaires à satisfaire hic et nunc, en une
semaine chrono contre 21 jours habituellement! "Nous avons dû travailler
jusqu'à 22h !' a expliqué un responsable du
Trésor. Car, il faut savoir que le Trésor est
ouvert uniquement en matinée. L'après-midi est
réservé à la vérification des écritures
comptables. Nous avons dû faire des heures
supplémentaires. Et la vérification des comptes
s'effectue toujours en ce moment" a-t- il
ajouté. Pour prévenir et remédier
directement à ce genre de situation, le Trésor
public et sa tutelle, le ministère de l'Economie,
des Finances, du Budget et de la Privatisation
avait déjà pensé à résoudre cette sempiternelle
question. L'idée était de construire un nouveau
bâtiment pouvant abriter les services du Trésor
et qui répondrait aux nouvelles exigences de la
loi de l'offre et de la demande. Le projet est déjà ficelé,
explique la direction, ajoutant qu'il ne reste
plus qu'à déterminer l'emplacement géographique
de future structure. En outre, à ce nouvel
emplacement du trésor public, s'ajoutera un
projet innovateur qui facilitera davantage la
perception de son dû par chaque usager. Il s'agit de l'installation,
dans quelques mois, de guichets automatiques à
certains endroits de la ville comme le port-môle,
(aéroport, le palais de Justice... Chacun pourra ainsi à l'aide
d'une carte de retrait, comme cela se fait dans
les établissements bancaires; retirer son argent
en toute sécurité et en toute tranquillité,
loin, très loin ...des bousculades d'antan.
Source : Journal
L'Union Plus du 15 Janvier 2007
