29 février 2008
Les banquiers d’Afrique centrale veulent mettre en place un Office monétique
Les banquiers d’Afrique centrale réunis le 7 février 2008 à Douala ont convenu de la nécessité de mettre sur pied un Office monétique pour booster l’économie sous régionale.
Par Achille Mbog Pibasso, Douala
Un Office monétique communautaire est envisagé par les banquiers de la zone CEMAC dans le but de doper les économies des Etats membres par le biais de l’inter-opérabilité des banques et par une participation accrue des banques locales au financement de l’économie sous-régionale.
« La vulgarisation et la démocratisation de la carte de crédit sont au cœur de nos travaux. »
Surliquidité bancaire
Cette réunion, qui s’est tenue dans un contexte marqué par une surliquidité bancaire, a surtout permis aux participants d’engager certaines réformes visant une grande implication des institutions bancaires locales dans le développement de l’économie sous-régionale à travers un financement accru des projets de développement. La finalité étant de voir comment cette épargne peut être rentabilisée en projets économiques bancables, fiables et viables au profit des pays de la sous-région. « La CEMAC forme un territoire unique en ce qui concerne la monnaie. Il est important que les banquiers se retrouvent de temps en temps pour revoir leurs méthodes de travail, s’informer et se former. La mise en place d’un Office monétique constitue le principal objectif que nous poursuivons, puisque la vulgarisation et la démocratisation de la carte de crédit sont au cœur de nos travaux », a déclaré le président du comité d’organisation Benedict Belibi, par ailleurs secrétaire général de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECAM).
Soutenir les PME
Les banquiers d’Afrique centrale ont convenu de la nécessité de faire en sorte que la carte de crédit ne soit plus une affaire réservée à l’élite, mais qu’elle fasse dorénavant partie des habitudes du grand public. Pour que ce projet prenne corps, les experts ont préconisé « l’inter-opérabilité des établissements financiers », une technique qui donne la possibilité « à un client X détenteur d’une carte de crédit d’effectuer des retraits dans un distributeur Y à l’instant T». Etant donné la sensibilité de ce mécanisme de financement, le fonctionnement d’un Office monétique communautaire requiert l’existence d’un système de télécommunications fiable, d’où l’expérimentation en cours de la fibre optique et des ondes radio. Si les grandes entreprises n’éprouvent pas d’énormes difficultés pour le financement de leurs activités, les experts pensent que ce n’est pas le cas pour les PME, qui concentrent pourtant une part importante du marché de l’emploi, et qui ont besoin du soutien des banques pour accompagner leur croissance.
Culture de remboursement
Toutefois, ont insisté les banquiers d’Afrique centrale, il va dans l’intérêt de tous que la culture de remboursement s’installe pour une coopération bénéfique. Citant un récent rapport, ceux-ci ont affirmé que « beaucoup de gens n’ont pas encore la culture de remboursement. De nombreux prétendus opérateurs économiques prennent des prêts, refusent de les rembourser et oublient que le métier du banquier consiste d’abord à faire du commerce de l’argent. Du coup les banques deviennent frileuses lorsqu’elles sont approchées ». Le représentant de la commission de la CEMAC s’est félicité de l’initiative prise par les banques d’Afrique centrale de mettre sur pied un Office monétique, soulignant que ce type de structures faisait défaut à l’économie sous-régionale. « La qualité des échanges et des expériences des uns et des autres présage de la mise en place d’un Office monétique, ce qui sans doute, est une bonne chose pour nos économies émergentes », a conclu le secrétaire général de l’APECAM.
27 février 2008
Le M-Banque, réalité de demain en Afrique
Un africain sur 3 disposera de son cellulaire d’ici 2010. Une donne qui
fera forcément basculer le service bancaire vers le mobile.
Par Mohamed B. Fall, Casablanca
Alors
que le parc de la téléphonie mobile explose en Afrique, le taux de
bancarisation est resté relativement modeste sur le Continent. D’ici 3
à 5 ans, le parc du mobile, actuellement à 200 millions d’abonnés entre
Le Cap et la pointe extrême de l’Egypte, enregistrera 100 millions de
nouveaux clients. Soit, sur la base d’une population de 900 millions,
un africain sur trois pourra être joignable par téléphone. Une
évolution sans commune mesure avec celle des comptes bancaires qui
concernent à peine 30% de privilégiés dans la région Maghreb, pourtant
de loin en avance par rapport à l’Afrique subsaharienne.
Service incontournable
Cette
évolution africaine du mobile suit en fait une tendance mondiale. Dans
quatre ans, il y aura 4 milliards d’utilisateurs du cellulaire, soit
quatre fois plus que de détenteurs de comptes bancaires. D’après
Rosemary Wilken, représentante de Fundamo, spécialiste de la banque par
téléphone et des solutions de paiement, « le téléphone est la
plate-forme universelle la plus sûre, la plus efficace, pour les
services bancaires ». Une projection faite lors du salon Cartes, le 13
novembre à Villepinte et rapportée par Silicon.fr. Très à l’écoute des
mutations qui traversent le continent, la spécialiste prend en exemple
le cas de l’Afrique du Sud, où des millions de transaction se déroulent
chaque année via le mobile. « Le service bancaire par mobile est passé
du statut de la prestation supplémentaire au service que « l’on ne peut
pas ne pas proposer », explique Rosemary Wilken. Une évolution qui ne
concerne plus seulement le géant du continent, puisque le Kenya et le
Nigeria ont basculé aussi dans le M-Banking, proposant des moyens
rapides de transfert d’argent entre Mombassa et Londres ou Lagos et
Londres.
Transférer son argent au moyen de simples SMS depuis les grandes métropoles occidentales vers un village africain.
Forte diaspora Pour sa part, la
Tunisie a dévoilé lors de son dernier salon bancaire et monétique (fin
octobre 2007), un projet de paiement des factures en ligne. La tendance
est plutôt au paiement de ces charges et à la consultation des comptes
bancaires via le téléphone mobile. Sachant que l’Afrique est un
continent à forte diaspora, on peut gager que l’une des toutes
premières applications bancaires de ces nouvelles technologiques se
fera sur le transfert de fonds depuis l’étranger. Selon la Banque
Mondiale, ce mouvement totalise 268 milliards de dollars par an. C’est
plus que la capitalisation boursière totale des 40 premières
entreprises africaines cotées. Dans la gamme des services bancaires qui
vont exploser d’ici 2010, le must serait de transférer son argent au
moyen de simples SMS depuis les grandes métropoles occidentales vers un
village africain, au moindre coût. Le problème de la sous-bancarisation
et de l’accès aux hameaux reculés s’en trouverait résolu. Argument
militant en faveur de ces nouvelles technologies, la modestie des coûts
: ils n’excéderaient pas 10% des transactions traditionnelles qui
passent par ATM.
(Source: www.LesAfriques.com)
Les services bancaires sur téléphone portable se multiplient en Afrique
| Les services bancaires sur téléphone portable se multiplient en Afrique |
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Le mobile vient pallier la sous bancarisation du continent. Explications
Par Laurent Fajnkuchen, Le Courrier de la Monétique.
Ce n’est pas encore le Japon, mais sur le continent africain, les
expériences et lancements commerciaux de services de paiement associés
au téléphone portable se multiplient. Au Nigeria, « Chezola Pay »
permet le transfert et la réception d’argent, les paiements de
factures… avec un compte rechargeable par carte prépayée. Au Kenya,
M-Pesa (« argent » en swahilli), lancé par l’opérateur Safaricom
(détenu à 50 % par l’Anglais Vodafone), est un service de paiement par
SMS qui permet des transferts d’argent (jusqu’à 400 dollars) de
personne à personne (peer to peer). Mieux, le service est désormais
étendu à l’Angleterre via une nouvelle offre proposée par Vodafone et
son partenaire, le groupe financier Citigroup. Il permet désormais de
réaliser des transferts transfrontaliers d’une valeur variant de 100 à
35 000 shillings par transaction entre la Grande-Bretagne et le Kenya.
Selon les responsables de M-Pesa, plus de 10 000 personnes se seraient
inscrites quelques jours après l’annonce de la création du service en
mars dernier. D’autres pays, comme l’Afrique du Sud, ne sont pas en
reste.
Les lancements se succèdent donc et l’Afrique
pourrait bien être le continent qui détient le plus grand nombre de
services bancaires sur téléphone portable.
Ah le Japon ! Le pays du soleil levant est
l’exemple qui vient immédiatement aux lèvres quand on en vient à
aborder le sujet du paiement par téléphone portable. Là-bas, par la
volonté du tout puissant NTT DoCoMo, premier opérateur téléphonique
national, les services bancaires et commerciaux via le mobile se sont
multipliés : porte-monnaie électronique, carte de crédit, coupons de
fidélité…, tout est désormais disponible sur ce petit appareil de poche
qui, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, ne servait qu’à téléphoner.
Mais en la matière, le Japon n’est plus le seul aux avant-postes. Sur
le continent africain, les expériences et lancements commerciaux de
services de paiement associés au téléphone portable ne cessent de se
multiplier. Dans des zones souvent sous ou peu bancarisées, un
impératif s’imposait aux acteurs économiques locaux : trouver des
solutions alternatives innovantes au paiement en espèces. La
progression constante du marché africain de la téléphonie mobile aura
servi de catalyseur. Il compte désormais plus de 120 millions
d’utilisateurs et croît en moyenne de 65% tous les ans depuis 2003.
Tous les grands constructeurs, comme Nokia, ont désormais des divisions
africaines. De quoi autoriser bien des espoirs. Du coup, l’évidence
s’est imposée. Le m-paiement (paiement mobile) se présentait bien comme
une solution pour les économies africaines

Solutions de paiement par téléphone portable.
Le vent en poupe Aujourd’hui, les
lancements se succèdent donc et l’Afrique pourrait bien être le
continent qui détient le plus grand nombre de services bancaires sur
téléphone portable. Développé au Canada pour être opérationnel au
Nigéria, « Chezola Pay » permet transfert et réception d’argent,
paiements de factures, etc. avec un compte rechargeable par carte
pré-payée. Au Kenya, M-Pesa (« argent » en « Swahilli »),
lancé par l’opérateur Safaricom (detenu à 50% par l’anglais Vodafone),
est un service de paiement par SMS qui permet des transferts d’argent
(jusqu’à 400 dollars) de personne à personne (peer to peer). Mieux, le
service est désormais étendu à l’Angleterre via une nouvelle offre
proposée par Vodafone et son partenaire, le groupe financier Citigroup.
Il permet de réaliser des transferts transfrontaliers d’une valeur
variant de 100 à 35 000 shillings par transaction entre la
Grande-Bretagne et le Kenya. Selon les responsables de M-Pesa, plus de
10 000 personnes se seraient inscrites quelques jours après l’annonce
de la création du service en mars dernier. En Afrique du Sud, où plus
de 70% de la population possède un téléphone portable, on n’est pas en
reste. Ainsi, trois millions de personnes auraient utilisé
quotidiennement leur mobile, l’an dernier, pour accéder à des services
bancaires. A tel point que le marché représenterait selon Len Pienaar,
directeur des Solutions Mobiles à la First Natinal Bank, plusieurs
centaines de millions de rand. Enfin, encore plus surprenant, en
Zambie, l’équivalent de 2% du PNB du pays transiterait par la solution
de paiement local CelPlay. Qui dit mieux ?
(Source: www.LesAfriques.com)
26 février 2008
Bank crises 'deadly for health'
There could be thousands more heart attacks if the
Northern Rock crisis was repeated at other banks across the UK, a
Cambridge University study suggests.
The report, which examines how banking crises have affected health in the last 40 years, is one of the first to look at the relationship between the two.
When a financial crisis hit a developed country, heart attacks rose by 6.4%.
This figure was even higher in the developing world, the Globalization and Health journal study suggested.
The researchers looked at a series of incidents from 1960 to 2002, including the US savings and loan scandal of 1985, and the Swedish financial crisis of the early 1990s.
They then looked at World Health Organisation mortality figures for those years.
Cardiac deaths surged "briefly and regularly" every time there was a systemic bank failure, the team found.
Extrapolated to the UK, more crises in the style of Northern Rock, where funding problems last year triggered the first run on a British bank in more than a century, could lead to as many as 5,000 more fatal heart attacks.
The elderly, who would be more likely to be at risk of heart problems in the first place, would be the most likely to feel threatened by risks to their life-long accumulated savings.
At present, around 60,000 people die prematurely in the UK every year of cardiovascular disease.
Counting costs
In countries such as India a combination of both poorer
banking regulatory systems and inferior health care could lead to an
even higher death toll - with deaths rising by as much as 26%, the
researchers suggested.
David Stuckler, a social epidemiologist who led the research, said the study suggested there were more than financial factors to take into account when a country faced a banking crisis.
"It's not just about the money," he said.
"Containing hysteria and preventing widespread panic is important not only to stop these incidents leading to a systemic bank crisis, but also to prevent potentially thousands of heart disease deaths."
It has long been known that stress triggers increased activity in the heart, a move designed to maximise blood flow, so that the body is primed to take quick action.
But the exact role which stress plays in the development of disease is still unclear.
"We still need to further understand the mechanisms of how this may happen," says June Davison of the British Heart Foundation.
"Feeling very stressed can also lead to unhealthy behaviours such as smoking, eating a poor diet, drinking too much alcohol and not getting enough exercise - adding to the risk of developing heart problems."
(Source: BBC News, mardi 26 février 2008)
22 février 2008
À l’origine des dysfonctionnements du secteur bancaire algérien
Hicham El Moussaoui est Docteur en Sciences économiques,
chercheur au Centre d’analyse économique, Université Paul Cézanne.
Avec la collaboration de www.UnMondeLibre.org
Depuis longtemps l’Algérie est pénalisée par son
système bancaire qui, en dépit de sa sur-liquidité, est incapable de
répondre aux besoins de financement du développement du pays. Cette
lacune de l’économie algérienne résulte essentiellement du manque
d’ouverture du secteur bancaire. Celui-ci reste sous l’emprise de
l’Etat puisque les banques publiques détiennent près de 90 % du marché,
tant en termes d’actifs que de crédits à l’économie. Le problème n’est
pas tant la domination des banques publiques, mais plutôt le fait que
l’activité bancaire est détournée vers le financement public. Outre les
subventions destinées à renflouer des entreprises publiques
défaillantes, les ressources collectées par les banques sont soit
absorbées par les titres d’Etat à court terme, soit allouées sous forme
de crédits à des entreprises publiques réputées mauvaises payeuses. Par
conséquent, le secteur privé se trouve évincé puisque l’essentiel des
fonds est alloué au secteur public. A ce titre, notons que le secteur
public absorbe 87,5% des crédits bancaires contre 32% au Maroc par
exemple. Cet effet d’éviction se trouve à l’origine de la faiblesse de
l’investissement privé. En témoigne le rapport des crédits bancaires
domestiques (ceux alloués au privé) au PIB qui est seulement de 26%,
alors que ce même rapport atteint 76% pour le Maroc et 78% pour la
Tunisie. Au fond, le problème du secteur bancaire algérien est un
problème de liberté économique lié, d’une part, à un cadre juridique
inadapté au développement de l’activité bancaire, et d’autre part, au
manque d’ouverture et de concurrence En effet, le poids des impayés et
des défaillances, conjugué aux difficultés à traiter les contentieux,
pousse les banques à être plus exigeantes sur les conditions d’octroi
de crédit. Une telle exigence fait augmenter les coûts de transactions
pour les clients, d’où le rationnement du crédit. Ces difficultés sont
liées à l’absence d’un système judiciaire indépendant et efficace dans
la protection des droits de créanciers, l’exécution des contrats et le
règlement des conflits en temps réel. Un cadre juridique adéquat est
incontournable pour le développement de tout système de financement car
la transformation d’actifs fonciers et immobiliers en capital financier
producteur de valeur ajoutée ne peut être réalisée sans que les titres
de propriété de ces actifs soient clairement établis et leur protection
soit effectivement garantie.
A côté de l’inadaptation du cadre juridique, le système bancaire
algérien est dominé par les banques publiques dont la gestion n’est pas
guidée par une logique d’efficacité. La mauvaise gestion des ressources
collectées par le système bancaire trouve son origine dans le problème
d’altération des incitations liée à la propriété et à la gestion
publiques des banques. En effet, dans les banques publiques, les
employés et les dirigeants n’agissent pas en fonction des besoins des
clients, mais en fonction des injonctions des bureaucrates et des
politiques. Dès lors, la propriété publique favorise plus la mauvaise
gouvernance car elle offre un terreau fertile à l’ingérence du
politique dans l’économique. Ainsi, retrouver le chemin de
l’efficacité, c’est-à-dire la transformation de l’épargne collectée en
crédits finançant des investissements créateurs de valeur ajoutée,
passe par l’ouverture à la fois des banques publiques au capital privé,
et du marché à la concurrence. L’entrée de partenaires privés dans le
capital des banques permet, d’une part, d’opérer une séparation entre
la fonction de Directeur Général de celle de président du conseil
d’administration dans le but de renforcer le contrôle interne des
banques, et d’autre part, de rationaliser la gestion en favorisant
l’émergence d’administrateurs professionnels, nommés à ce poste en
fonction de leurs compétences, et non plus selon des considérations
politiques.
Quant à l’ouverture du marché à tous les acteurs locaux et étrangers,
elle implique l’abandon des comportements de rente et l’adoption de
comportements productifs et performants. En effet, la concurrence
facilite, à travers la multiplication des offreurs, l’élimination des
situations de rente car la conquête et/ou le maintien de sa part de
marché passe désormais par la diversification de l’offre et par la
réduction des coûts. Cela profitera à la fois aux banques et aux
clients dans la mesure où elle permettrait aux premiers de fructifier
mieux les ressources collectées et aux seconds d’accéder plus
facilement aux financements. A cet égard, nous pouvons citer le cas du
Maroc dont le système bancaire a fait l’objet d’une série de réformes
allant dans le sens de l’ouverture (levée de l’encadrement du crédit,
abandon progressif de l’administration des taux d’intérêts, ouverture
progressive à la concurrence, etc.). Cette ouverture a permis
l’amélioration de l’accès des ménages et des entreprises à une offre de
crédits diversifiée et de plus en plus compétitive.
Bref, la consolidation de l’ouverture du système bancaire sur
l’extérieur, constitue pour l’Algérie une opportunité pour faire du
crédit un levier de croissance en permettant aux acteurs économiques de
bénéficier d’un financement diversifié et à moindre coût.
(Source: www.actubenin.com, 11/02/2008)
21 février 2008
Une invention africaine à la pointe de la technologie monétique
Unipay’s, nouvel acteur dans le monde du paiement distant, entend jouer avec Maâtcard « un rôle de premier plan dans le monde », selon Patrick Ulanowska.
Entretien réalisé par Mohamed B. Fall, Casablanca

« Patrick Ulanowska, ici en compagnie de Jacques Chirac »
Les Afriques : Unipay’s a fait beaucoup parler d’elle lors du Salon de la carte à Paris, en automne dernier. Quel est son cœur d’activité ?
Patrick Ulanowska : Unipay’s (Universal Payment System & Solutions) est un nouvel acteur dans le monde du paiement. Créé en juin 2007, Unipay’s est aujourd’hui capitalisée à 2 millions d’euros. Sa vocation est d’être un prestataire de services financiers de masse, en développant des solutions innovantes de paiement de détail et d’ambition ubiquitaire, associant le téléphone mobile d’une part et une carte bancaire, embarquant un dispositif sécurisé dynamique d’authentification forte. Le composant « batterie » disponible au format carte bancaire permet de rendre la carte autonome, et de facto, lui donne la possibilité de s’affranchir d’un lecteur sur lequel il lui fallait jusqu’à aujourd’hui solliciter le courant nécessaire à sonfonctionnement.
LA : Quels sont les actionnaires de cette société ?
PU : Il est important de souligner qu’Unipay’s a été créée en fonds propres par les fondateurs et promoteurs historiques du concept Maâtcard, à la suite de dissensions avec les premiers actionnaires. Il s’agit de Mohamadou Dabo, consul honoraire de Corée du Sud au Cameroun et président d’un fond d’investissement du Sud asiatique, Cole Shade Sule, jeune diplômé d’origine camerounaise, Hatem Farag, jeune entrepreneur d’origine égyptienne, Eric Laurent Ricard, ingénieur et expert près la Cour d’appel de Paris, Serge Doh, Ivoirien installé aux Etats-Unis, et moi-même, d’origine malienne et polonaise…
Le groupe a réalisé une première augmentation de capital en septembre dernier portant sur 1 million d’euros entièrement souscrits. Cette phase a permis l’arrivée de 2 nouveaux actionnaires de référence, Albert Kouinche, fondateur et président d’Express Union, premier réseau de transfert d’argent domestique en Afrique centrale, et Victor Djimeli, fondateur et président d’un groupe comprenant plusieurs sociétés dans le commerce et la distribution au Cameroun.
LA : Votre entreprise est résolument panafricaniste, voire multinationale. N’est-elle pas une cible idéale pour les fonds d’investissement?
PU : Certainement. A la faveur de contrats de partenariat très prometteurs, signés en 2007, et une reconnaissance internationale de la carte bancaire acoustique Maâtcard, qui fut finaliste des Sésames de l’innovation au Salon cartes à Paris et vainqueur du Trophée 2007 (Mastercard/Visa) de la carte bancaire la plus innovante au plan international pour sa technologie, Unipay’s vient d’engager une seconde augmentation de capital portant sur 8 millions d’euros, dont l’issue favorable est attendue pour la fin mars en raison de l’implication récente et très efficace à nos côtés de Charles Millon, ancien ministre français, et de Christiane de Livonnière, présidente d’Intelstrat et ancien chef de cabinet de François d’Aubert, ancien ministre français également. Ce renforcement en fonds propres, qui devrait voir l’arrivée d’un fonds d’investissement déjà identifié, va permettre à Unipay’s de renforcer considérablement ses ressources humaines et ses actifs, notamment en ce qui concerne la propriété intellectuelle sur les technologies embarquées dans un support plastique au format carte bancaire, et d’investir de façon significative en R&D dans le traitement du signal, la cryptographie et les technologies web et mobile.
L’Afrique a la capacité de développer et d’opérer au plan continental un système de paiement aussi performant, voire plus innovant que ceux existant dans le reste du monde.
LA : Quelles sont vos prétentions sur le marché mondial et africain ?
PU : Unipay’s entend être un acteur de premier plan sur le marché mondial à venir de la carte à batterie et multicomposants, dont les applications dans l’univers bancaire, qui compte pas moins de 42,8 milliards de cartes bancaires sans composant embarqué, sont potentiellement prodigieuses. Ce marché est en effet en forte croissance depuis que le composant « batterie » est disponible au format carte bancaire. Dans l’évolution de la carte à puce, ceci est vu comme un pas fondamental, car il permet de rendre la carte autonome, et de facto, lui donne la possibilité de s’affranchir d’un lecteur sur lequel il lui fallait jusqu’à aujourd’hui solliciter le courant nécessaire à son fonctionnement. Dans cette perspective, la carte Maâtcard remet fondamentalement en cause le modèle économique des terminaux de paiement traditionnels en démontrant sa capacité à s’affranchir d’un lecteur spécifique dès lors qu’elle fonctionne avec n’importe quel matériel, GSM ou autre, connecté au réseau. Sur l’Afrique, nous avons vocation à ouvrir des filiales dans chacun des pays où le concept Maâtcard se déploiera. Capitalisées avec des acteurs et partenaires locaux de référence, ces filiales ont pour rôle d’être le support de premier niveau, tant au plan technique que commercial du système et outil de paiement Maâtcard. Nous entendons aussi nous appuyer sur des ressources humaines locales afin de démontrer que l’Afrique a la capacité de développer et d’opérer au plan continental un système de paiement aussi performant, voire plus innovant que ceux existant dans le reste du monde. En effet, dans le cadre du système de paiement que Unipay’s déploie en phase pilote au Cameroun, nous sommes en capacité de démontrer les formidables avancées de l’environnement technologique que nous mettons en place en termes de sécurité des transactions pour tout ce qui concerne le commerce distant. Dans ce contexte nouveau, mais fortement concurrentiel, notre groupe entend tirer avantage de son cœur métier pour donner naissance à un nouveau réseau d’acceptation interopérable avec les réseaux Visa et Mastercard, et devenir à très court terme émetteur au plan continental « Afrique » de cartes bancaires prépayées acoustiques sans contact, c'est-à-dire ne nécessitant pas du porteur la détention ou l’ouverture d’un compte bancaire.
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Bio Express Patrick Ulanowska, 42 ans. D’origine malienne et polonaise. Diplômé en droit et en sciences politiques. Ancien conseiller politique et diplomatique du président Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie.
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Caractéristiques de la carte Maâtcard
Avec une carte Maâtcard et dans le cadre d’un paiement distant, l’utilisateur n’a plus à introduire d’informations statiques comme son numéro de carte bancaire et son cryptogramme. Un code confidentiel et une simple pression sur le bouton acoustique suffisent à effectuer une transaction. En supprimant l’utilisation du numéro de carte bancaire et le renseignement des coordonnées personnelles, Unipay’s accroît la confiance dans les paiements sur Internet et garantit la sécurité totale des transactions. Le son émis par la carte utilise le canal audio des mobiles, des fixes ou des ordinateurs pour transmettre des données transactionnelles sécurisées (One Time Password, signatures, certificats). C’est donc une avancée importante dans le monde du paiement distant qui place l’Afrique au premier rang mondial des régions dotées de ce système, conçu originellement par des Africains auxquels se sont joints des Européens, des Américains et des Asiatiques. C’est un vrai projet d’intégration continental puisque deux de ces principaux pourvoyeurs de technologies sont basés en Afrique du Nord (Algérie et Maroc). Leur contribution de premier plan démontre que l’agrégation de technologies, qui n’est plus seulement l’affaire des pays développés, peut donner lieu à des réalisations riches de promesses pour nos pays d’Afrique en les dotant notamment de services de paiement mobile particulièrement innovants et adaptés pour les populations non bancarisées en particulier, et un public nomade en général.
(Source: lesafriques, 15/02/2008)
Ecobank lance une carte de retrait valable dans plusieurs pays
La branche Ecobank au Nigeria vient de rajouter un nouveau service à son offre avec le lancement de la première carte de retrait en monnaies multiples.
Les détenteurs de ces cartes peuvent retirer de l’argent en monnaie locale à travers tous les pays où Ecobank déploie son réseau.
La carte est commercialisée au Nigeria, au Ghana, en Sierra Leone, au Liberia, en Guinée Bissau, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Burkina Faso, au Sénégal, au Togo, au Mali, au Niger et au Benin. D’autres pays s’ajouteront à la liste avant la fin de cette année.
(Source: Le journal de la finance africaine, 08/02/08)
19 février 2008
Non bancarisation des salaires dans la fonction publique: l'Etat perd des heures voire des jours de travail pour rien.
Voici un article sur le Gabon qui met en exergue, si besoin en était, la nécessité de procéder le plus tôt possible à la bancarisation des salaires dans a fonction publique. TRÉSOR PUBLIC / PAIEMENT DES
SALAIRES Mettre
fin aux interminables files d'attente devant les
guichets
Le spectacle déshonorant des
usagers agrippés aux' guichets du Trésor public
entre le 24 et le 30 décembre a
interpellé plus d'un, en l'occurrence la
direction qui annonce des mesures pour pallier
ce désagrément. Ainsi des guichets automatiques
avec cartes de retrait feront leur apparition
dans quelques mois. QUE s'est-il passé entre le
24 et le 30 décembre dernier ? le guichets du
Trésor public étaient plus que d'habitude,
bondés. Usagers et préposés aux services étaient
au bord de l'apoplexie. Cette situation, explique la
direction du Trésor, était due au fait que tout
le monde tenait absolument à toucher son
salaire, sa pension, sa bourse au même moment. Comment est-on arrivé à une
telle situation sachant que ces différents
usagers perçoivent leur dû sur une période de 21
jours comprise entre le 24 du mois et le 15 du
mois suivant ? Pourquoi ce délai a-t-il été
ramené brutalement à 6 jours seulement ? Les explications des services
du Trésor nous éclairent sur les raisons de
cette cohue, pour le moins, inhabituelle. Selon un calendrier bien
établi, à partir du 24 du mois, 18 000
fonctionnaires perçoivent leur salaire par bon
de caisse au Trésor public. Le jour suivant, ce
sont les retraités qui leur emboîtent le pas,
suivis 10 jours plus tard (à compter du 5) par
les 8000 étudiants boursiers. Or, il se trouve que les
désagréments de Gabon Poste ont fait affluer
3901 fonctionnaires de plus devant toucher
dorénavant leurs émoluments aux guichets du
Trésor. Ce qui de surcroît rend difficile la
possibilité d'un paiement rapide et prélude déjà
les surchauffes à venir. Une situation, il faut bien
l'avouer, tributaire de l'effet papillon induit
par la décision autorisant les étudiants
boursiers à aller toucher leur dû au Trésor. Profitant de la dernière
visite privée du chef de l'Etat à Franceville
durant le mois de décembre, des milliers
d'étudiants et d'élèves en l'occurrence ceux de
l'Université des sciences et techniques de
Masuku (USTM) lui ont soumis leur souhait
d'entrer en possession de leur bourse avant le 5
du mois, donc durant la période du 24 au 30
décembre. Répondant à une sollicitation
aussi pressante, le chef de l'Etat, a donné son
accord pour que les paiements s'effectuent à la
trésorerie de Franceville. Informés, les étudiants de
Libreville ont exigé le même traitement que
leurs collègues de Franceville. D'où le débordement qu'on a
connu à compter du 24. Aux 18 000 fonctionnaires
et autres retraités, se sont donc ajoutés les
3901 fonctionnaires de Gabon Poste et les 8000
étudiants boursiers. Soit près de 12 000 usagers
supplémentaires à satisfaire hic et nunc, en une
semaine chrono contre 21 jours habituellement! "Nous avons dû travailler
jusqu'à 22h !' a expliqué un responsable du
Trésor. Car, il faut savoir que le Trésor est
ouvert uniquement en matinée. L'après-midi est
réservé à la vérification des écritures
comptables. Nous avons dû faire des heures
supplémentaires. Et la vérification des comptes
s'effectue toujours en ce moment" a-t- il
ajouté. Pour prévenir et remédier
directement à ce genre de situation, le Trésor
public et sa tutelle, le ministère de l'Economie,
des Finances, du Budget et de la Privatisation
avait déjà pensé à résoudre cette sempiternelle
question. L'idée était de construire un nouveau
bâtiment pouvant abriter les services du Trésor
et qui répondrait aux nouvelles exigences de la
loi de l'offre et de la demande. Le projet est déjà ficelé,
explique la direction, ajoutant qu'il ne reste
plus qu'à déterminer l'emplacement géographique
de future structure. En outre, à ce nouvel
emplacement du trésor public, s'ajoutera un
projet innovateur qui facilitera davantage la
perception de son dû par chaque usager. Il s'agit de l'installation,
dans quelques mois, de guichets automatiques à
certains endroits de la ville comme le port-môle,
(aéroport, le palais de Justice... Chacun pourra ainsi à l'aide
d'une carte de retrait, comme cela se fait dans
les établissements bancaires; retirer son argent
en toute sécurité et en toute tranquillité,
loin, très loin ...des bousculades d'antan.
Source : Journal
L'Union Plus du 15 Janvier 2007
15 février 2008
Le taux de bancarisation de 20% dans l'espace UEMOA : La BCEAO entame une vaste campagne populaire
Le taux de bancarisation dans l’espace UEMOA est faible et se trouve entre 3 et 7% alors qu’il avoisine 99% dans certains pays et se situe à 50 ou 60% dans les pays du Maghreb.
Pour corriger cet état, le Conseil des ministres de l’économie et des Finances des pays membres de l’UEMOA a demandé à la BCEAO de mettre en œuvre les moyens et mesures pratiques pour atteindre un taux de bancarisation de 20% d’ici à 2010. En plus des aspects juridiques et institutionnels, les responsables de la Banque Centrale ont décidé de mener une vaste campagne de sensibilisation envers les populations de l’espace communautaire. Dans ce cadre il y a beaucoup de progrès à faire au plan juridique et des concertations impliquant toutes les structures bancaires ont été effectuées pour aboutir à des résultats consensuels. Selon les responsables de la BCEAO il y a plusieurs facteurs socioéconomiques bloquants un taux important de bancarisation notamment la crise du système bancaire d’il y a quelques années qui avait engendré une sérieuse perte de crédibilité, le faible revenu des populations l’analphabétisme, la méconnaissance du système bancaire, l’éloignement des structures, les longues procédures, les coûts élevés de service et souvent aussi le manque d’information.
Il a été décidé de prendre différentes mesures pour déduire le taux de circulation fiduciaire par des mesures globales qui renforcent la confiance des populations et facilitent accès bancaire au plus grand nombre en mettant à profit l’efficacité des nouveaux systèmes de paiement.
Il faudra pour ce faire, les responsables ont décidé entre autres d’optimiser les infrastructures et renforcer davantage la sécurité, d’appliquer une commission fixe sur les transactions intra UEMOA, de fixer un délai maximum de 24 heures pour le traitement des ordres et d’alléger aussi les frais de tenue de compte pour les segments à faible capacité financière. Pour les décideurs, il faudra aussi supprimer les frais de gestion sur les comptes d’épargne de même que les frais d’ouverture de compte et laisser aux clients le choix de disposer ou non d’une carte bancaire et systématiser l’ouverture de compte pour toute personne disposant de 50.000 frs. Il a été aussi retenu de vulgariser la monnaie électronique et d’exécuter les virements via STAR-UEMOA sans passer par des intermédiaires. De même qu’Il faudra rapprocher les banques des populations et ouvrir des guichets dans les pôles économiques. Dans le même sillage il faudra nouer un partenariat avec des structures comme la poste ou le trésor et mener une vaste campagne de communication envers les populations.
Lors des débats tous les responsables de banques qui ont pris la parole ont salué l’objectif d’un taux de bancarisation de 20% fixé et les mesures prises pour y parvenir. Certains intervenants ont souhaité que l’épargne informelle soit ciblée de même que les thésauriseurs que la lutte contre le blanchiment écarte des circuits bancaires. Il a été recommandé aussi de lutter contre l’inefficacité des Guichets Automatiques de Banques (GAB) qui tombent assez souvent en panne poussant les clients à réduire et même à arrêter leurs dépôts. Certains banquiers ont demandé aussi de veiller à ce que la Justice soit rendue avec efficacité et célérité et que la transparence soit de rigueur de nature à encourager banquiers comme clients.
MALIK Seck
(Source : rewmi, 21 Novembre 2007)
07 février 2008
Banque : La téléphonie mobile élargit l’accès aux services financiers
Etant privés d’accès au réseau bancaire normal, de nombreux
Africains, même pauvres, profitent de l’expansion de la téléphonie
mobile sur le continent. Parce que, de plus en plus, les établissements
financiers élargissent leurs services grâce au téléphone cellulaire
devenu d’usage commun dans les régions rurales.
Ann Wanjiku se dirige vers un kiosque vert et blanc décoré d’une
enseigne “M-Pesa agent” ? Elle y montre sa carte d’identité et son
téléphone cellulaire qui affiche un numéro d’identification personnel
fourni par un client.
Utilisant ce numéro, une minute suffit à l’agent pour vérifier qu’un client a viré le paiement de 1 000 sculptures de style traditionnel sur le compte de téléphonie mobile de Mme Wanjiku qui peut retirer ce montant en liquide. Comme 90 % de ses compatriotes, Mme Wanjiku n’a pas de compte en banque ordinaire. En Afrique, selon la Banque mondiale, seulement 20 % des ménages en ont. Ce pourcentage tombe à 15 % au Liberia et à 5 % en Tanzanie.
La prolifération de la téléphonie mobile donne de nouveaux moyens d’offrir des services bancaires aux Africains. Des compagnies comme M-Pesa peuvent utiliser n’importe quel téléphone ou n’importe quelle carte téléphonique pour fournir des services à prix abordables dans toutes les zones couvertes par un signal de téléphonie mobile. Les innovations de ce genre dans le domaine des technologies de l’information et de la communication a été une question centrale au sommet “Connecter l’Afrique” tenu à Kigali (Rwanda) au mois d’octobre. Plus de 1 000 représentants du secteur privé, de gouvernements et de bailleurs fonds ont débattu de la façon dont ces technologies peuvent contribuer à apporter des solutions aux problèmes de développement de l’Afrique.
Brian Richardson, directeur général de Wizzit South Africa, une compagnie de services bancaires par cellulaire, note qu’étendre les services aux zones rurales passait auparavant par l’ouverture de succursales et qu’ainsi “offrir des services bancaires à un marché de masse devient incroyablement coûteux”. Les services les plus courants ne sont donc souvent tout simplement pas disponibles.
L’Ethiopie a seulement une agence bancaire pour 100 000 personnes pour 96 en Espagne. De plus, du fait de soldes minimum relativement élevés, ces services sont trop coûteux pour la majorité des Africains. Même en Afrique du Sud, avec un réseau bancaire plus développé, la population garderait environ 12 milliards de rands (1,8 milliard de dollars) “sous les matelas”, souligne M. Richardson. “En introduisant ne serait-ce qu’une petite partie de cette somme dans le système bancaire normal, les effets sur l’économie seraient énormes”.
Depuis 2004, Wizzit a recruté 50 000 clients sud-africains et espère en conquérir 16 millions dans un pays où 60 % de la population n’a pas de compte en banque. Les détenteurs de comptes Wizzit peuvent utiliser n’importe quel téléphone cellulaire, même les vieux modèles bon marché, courants dans les communautés les moins prospères. Les clients peuvent déposer de l’argent sur leur compte dans n’importe quel poste ou une agence de deux grands réseaux bancaires. Les salaires peuvent être payés par virement électronique sur un compte Wizzit. Les clients reçoivent une carte de débit Maestro accepté par les distributeurs automatiques et les commerçants. Il n’y a pas d’exigence de solde minimum ou de frais bancaires annuels et les utilisateurs payent l’équivalent de 0,15 à 0,78 dollars par transaction.
Des équivalents de Wizzit sont apparus ailleurs en Afrique. Environ un million de Kenyans utilisent M-Pesa, une opération conjointe de la compagnie Vodafone/Safaricom, de la Commercial Bank of Africa et de Faulu Kenya, une organisation de microfinance. Les clients de M-Pesa déposent leur argent auprès d’un agent agréé ou d’un vendeur de téléphones cellulaires. L’agent crédite alors le compte. Les utilisateurs ont la possibilité de virer entre 100 et 35 000 shillings kenyans (de 1,5 à 530 dollars) par message textuel au bénéficiaire de leur choix même s’il est sur un autre réseau. Celui-ci peut obtenir l’argent en liquide auprès d’un agent de Safaricom en utilisant un code secret et en produisant une pièce d’identité.
Des services similaires existent maintenant en République démocratique du Congo et en Zambie. En Zambie, Celpay, lié à la First National Bank of South Africa, permet aux entreprises de régler certains services et de recevoir des paiements grâce à leur compte de téléphonie mobile. Celpay traite actuellement jusqu’à 10 millions de dollars de paiements par mois. En Afrique du Sud, cette banque travaille aussi en partenariat avec la compagnie Mobile Telephone Networks (Mtn) qui offre des services aux Sud-Africains ayant déjà un compte en banque, mais désirant recevoir et envoyer de l’argent en utilisant leur cellulaire. Ces deux compagnies permettent à 500 000 Sud-Africains dépourvus de compte en banque d’envoyer de l’argent à des membres de leur famille ou d’en recevoir, de régler l’achat de produits et de services, de vérifier le solde de leurs comptes et de régler leurs factures d’électricité, d’eau et de gaz. Jusqu’à l’arrivée de ces services, les Sud-Africains versaient à des coursiers l’équivalent de 30 à 50 dollars pour livrer de l’argent liquide à leur famille. Aujourd’hui, grâce à la téléphonie mobile, ces transactions ne leur coûtent plus que 0,50 dollar.
C’est dans les zones rurales que l’impact est le plus grand, explique Beyers Coetzee de Wizzit. “Quatre-vingts pour cent des fermiers n’ont pas de compte en banque.” De plus, un compte Wizzit, à la différence d’un compte bancaire traditionnel, n’est pas clos si le client ne l’utilise pas régulièrement, ce qui est “très utile pour les travailleurs saisonniers” en particulier.
Rob Conway, directeur de l’association Global System for Mobile Communications, explique que ces innovations ont “changé la vie de millions d’Africains, eu un effet de catalyseur sur le développement économique et renforcé les liens sociaux”.
Lauri Kivinen, directeur des affaires générales pour le réseau Nokia Siemens, pense aussi que ce développement est important : “Cela représente un changement substantiel et sans précédent pour les gens ordinaires”, a-t-il déclaré. Grâce aux services bancaires par téléphonie mobile, les gens peuvent “élargir leurs relations sociales et leurs relations d’affaires, accroître leur productivité et faire tant d’autres choses, tout cela en appuyant simplement sur quelques touches d’un téléphone cellulaire”.
Mary KIMANI Afrique Renouveau, Onu, www.un.org/AR
(Source : Wal Fadjri, 2 février 2008)
