Comparaison des niveaux de bancarisation dans le monde :situation de l’ UEMOA et de la CEMAC
Comparaison des niveaux de bancarisation
dans le monde : situation de l’ UEMOA et de
la CEMAC.
Résumé
Le niveau de bancarisation est globalement fonction du niveau de développement économique. Plus un pays est développé, plus son niveau de bancarisation est élevé et inversement. Ainsi la France, l’Allemagne et les Etats-Unis par exemple, sont à des taux de bancarisation de plus de 90% tandis que le Yémen, la Centrafrique et le Niger ont des taux inférieurs à 10% en 2007. Cependant, en dépit d’une situation économique peu favorable, des pays comme la Tunisie, le Maroc, la Zambie et le Kenya présentent des niveaux de bancarisation relativement élevés.
Ces exceptions sont mises en exergue par la présente étude qui montre qu’au delà du niveau de développement économique, le processus de bancarisation peut être accéléré par différentes initiatives. L’étude est particulièrement centrée sur les zones économiques de l’UEMOA et de la CEMAC qui regroupent des pays en développement dont le niveau de bancarisation est très faible.
A travers une comparaison internationale des indicateurs de bancarisation, nous avons souhaité montrer l’ampleur du « fossé de bancarisation » existant entre ces deux zones et les pays développés.
Pour cela, nous avons constitué un échantillon de 42 pays subdivisé en trois sous-échantillons. Le premier sous-échantillon regroupe les 14 Etats de l’UEMOA et de la CEMAC, le deuxième regroupe 12 pays développés de l’OCDE et le troisième regroupant 16 pays de niveaux de développement plutôt intermédiaires pour servir d’échantillon témoin. Nous avons choisi trois indicateurs de mesure de bancarisation à savoir le taux de bancarisation qui représente la part de la population détentrice d’un compte en banque, la densité du réseau bancaire qui représente le nombre d’habitants par agence bancaire et la part du secteur bancaire dans le crédit domestique à l’économie qui est produit par la Banque Mondiale.
Les comparaisons faites sur des
statistiques collectées entre 2004 et 2007 ont confirmé la hiérarchisation des
niveaux de bancarisation en fonction du niveau de développement économique.
Mais elles ont également permis de mettre en exergue l’impact positif probable
d’une modernisation des systèmes et moyens de paiement et d’un environnement
juridique adéquat. Enfin, il apparaît
nécessaire pour les pays en développement et particulièrement pour ceux de
l’UEMOA et de la CEMAC de définir des indicateurs précis de mesure de leur
niveau bancarisation afin de faciliter des comparaisons au niveau international
et de pouvoir apprécier leur propre évolution dans le temps.
Mots clés : Bancarisation, niveau de
développement.
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Les_niveaux_de_Bancarisation_dans_le_monde
Commentaires sur Comparaison des niveaux de bancarisation dans le monde :situation de l’ UEMOA et de la CEMAC
- préoccupationBonjour

J'ai lu votre rapport avec beaucoup d'intérets.Ma question est de connaitre le taux réel de bancarisation du Bénin et de savoir comment une politique pour améliorer ce taux peut contribuer à la croissance c'est-à-dire au financement du déficit public par les ressources intérieures. Merci et la joie de vous lire. A très bientot - Réponse à votre questionBonjour,

Merci pour l'intérêt que vos portez au problème de bancarisation.
Pour répondre à votre question, le Bénin a au 31 décembre 2007 un taux de 6,05%. Pour obtenir ce taux, j'ai fait le rapport entre le nombre de comptes particuliers de béninois (290225, rapport 2007 CB UMOA) sur la taille de la population adulte (4800000 hbts environ). Il s'agit d'une information brute qui mérite d'être traitée avec circonspection. Il exclut les comptes créés par des étrangers mais inclut les béninois adultes vivant hors du Bénin.
Malgré ces insuffisances, ce taux traduit une situation préoccupante pour la bancarisation de notre économie.
Les solutions existent et sont connues. Il y a deux approches:
1/ assurer la bancarisation par le crédit. Les banques doivent assouplir les conditions d'octroi de crédit pour attirer les populations qui trouveront alors un intérêt certain à entretenir une relation bancaire. C'est l'approche américaine.
2/ obliger les populations à créer des comptes en banque en rendant les instruments de paiement (chèque, effet, ...) obligatoires à partir d'un certain montant, en décrétant le droit des citoyens au compte bancaire, bref en légiférant. C'est l'approche française.
Il y a également l'approche sud-africaine où un compte spécial « mzansi » sans frais a été mis à la disposition des populations qui sécurisent leur avoir sans supporter le moindre frais.
Quelque soit l'approche retenue, l'Etat a un rôle crucial à jouer. La bancarisation est une problématique de développement. La microfinance c'est bien mais à un moment il faudra bien que la banque assure le relais. La décision prise en septembre 2006 par le président Yayi de ne verser les salaires des fonctionnaires que par virement bancaire était un bon début malheureusement, elle a été rejetée par les syndicalistes. On aurait pu moduler cette décision. Le virement bancaire serait rendu obligatoire à Cotonou, P/ novo et Parakou et progressivement dans les autres villes suivant l'installation des guichets bancaires. Bon nombre de nos villes en sont privées mais ces trois villes en ont suffisamment pour que cette mesure puisse être mise en exécution.
Le chantier est titanesque, mais nous n'avons pas le choix, il faut mener le combat. La micorfinance est un instrument de réduction de pauvreté, pas de développement.
Une approche de bancarisation au Bénin pourrait être la construction d'une passerelle entre les institutions de microfinance (assez nombreuses) et les banques à l'instar du partenariat stratégique Finadev SA / Financial Bank.
Cdl - réponse à vos questionsBonjour Keyphann et Steve,

J'ai donné dans ma réponse à Hub, le taux du Bénin à fin 2007 en explicitant la démarche avec les biais qui y sont réttachés. On pourra faire de même pour le Sénégal et l'UEMOA en partant tout simplement du rapport annuel 2007 de la Commission Bancaire. Quant à la CEMAC, je n'ai pas les statistiques. Si les rapports annuels de la COBAC donnent les chiffres, le cacul serait aisé.
Mais quelque soit la situation, le raux de bancarisation en zones CEMAC et UEMOA est faible. Plus d'ailleurs dans la première que dans la seconde.
La bancarisation est un outil de développement économique. Si les agents économiques sont hors banque, l'économie l'est, la richesse produite l'est aussi. Il y a alors peu de ressources financières mobilisables pour le financement des activités.
Il appartient à nos Etats de prendre des mesures nécessaires à la promotion de la bancarisation. Il faut donner aux populations une raison d'aller en banque. - Intéressant votre articleMerci pour votre article très intéressant!

J'ai trois questions à votre honneur :
Le nombre de guichet signifie quoi exactement? Un guichet correspond-t-il à une agence?
Pensez vous qu'une politique de fidélisation de la clientèle par nos banques peut améliorer le taux de bancarisation?
Est-ce une enquête de satisfaction des clients est-elle nécessaire pour un pays afin de promouvoir la bancarisation?
CLD - RE: Intéressant votre articleBonjour,

1/ Un guichet est un endroit où la banque commercialise ses services. Il peut s'agir d'une agence ou d'un point de services. L'agence offre les services classiques comme l'ouverture et la fermeture de compte, le retrait, le dépôt, le transfert et le crédit de montant limité, etc. Le point de services est une représentation physique permettant en général juste l'ouverture de compte, le retrait et le dépôt. Il est moins équipé (personnel, informatique,...) qu'une agence.
Une banque peut installer une agence dans une ville et mettre des points de services relais dans les villages environnants pour être plus proches des populations.
2/ Oui je pense qu'une politique de fidélisation de la clientèle peut améliorer la bancarisation. En effet dans un pays aussi faiblement bancarisé que ceux de l'UEMOA, un client fidélisé équivaut en général à plusieurs autres clients gagnés. Le père de famille satisfait amènera certaine sa(ses) femme(es), ses enfants en âge, un ou deux autres amis qui ont des doutes sur les pratiques bancaires. Tout ce que cherche nos populations c'est de bénéficier de l'appui sincère et franc des banques dans le développement de leurs activités. Un ménuisier qui a pu monter son atelier grâce à l'appui de sa banque ne manquera certainmement pas d'en faire l'éloge auprès de ses pairs et de les inciter à faire comme lui. Une fois cela dit, il faut reconnaitre qu'une politique de fidélisation n'est pas évidente pour les banques de l'Union. Elles ont toutes en général des politiques de fidélisation de la clientèle haut de gamme, les grosses entreprises, les personnes physiques les plus nanties. Mais quand il s'agit d'une personne moins aisée ou pauvre, la donne se complique parce que la fédélisation quelque soit son contenu engendre un coût que la banque ne peut payer. La bancarisation n'est pas un chantier des banques commerciales, c'est avant tout un chantier de l'Etat.
3/ Une enquête de satisfaction des clients serait utile mais pas nécessaire. Je n'ai pas connaissance de la réalisation d'une enquête de satisfaction de l'école. Et pourtant, plusieurs Etats de l'UEMOA y compris le Bénin promeuvent la sécolarisation en rendant même l'école primaire gratuite. C'est l'Etat qui bancarise, pas les banques commerciales.
Il n'existe aucun pays au monde où la bancarisation a été confié aux banques. Soit l'Etat décrète la bancarisation en imposant le virement des salaires par les comptes et en imposant l'utilisation des moyens de paiement (chèques, cartes,...) dans les transactions. Soit l'Etat fait des accords avec le secteur bancaire les assurant de la prise en charge du coût de leurs politiques commerciales expansives pour favoriser la bancarisation. Personne ne peut payer le coût de la bancarisation si ce n'est l'Etat, c'est à dire le contribuale, vous et moi.
J'espère avoir répondu à vos questions. Je reste disponible.
Merci. - RecommandationsLa bancarisation du monde rural ivoirien ne sera pas une sinécure. La marge de manœuvre des banques primaires est assez limitée. Le monde rural est caractérisé par un manque criard d'infrastructure de toutes sortes: absence d'eau potable, d'électricité, de téléphonie fixe, de route bitumée, etc. Ces conditions ne sont pas favorables à l'installation d'une agence bancaire.

Toutefois, il est possible pour les banques primaires de recourir à des guichets bancaires mobiles, un peu comme ce qui se fait au Kenya. Des mini-bus circulent de village en village de façon périodique et offrent des services bancaires aux populations. Cela dispense du coût d'installation d'une agence classique. L'autre solution pourrait consister à s'appuyer sur les réseaux des IMF (institutions de microfinance) en nouant avec ces dernières des partenariats spécifiques. Enfin, les banques pourraient recourir aux NTIC en offrant des services bancaires de petit montant via le téléphonie mobile qui est relativement disponible dans les villages ivoiriens.
Mais, pour un véritable essor de la bancarisation dans les zones rurales (ne serait-ce que pour atteindre le niveau des villes), il faudra probablement une action des autorités. Soit directement par l'Etat ivoirien qui devra offrir des facilités d'investissement dans les zones rurales et/ou mettre en place un cadre adéquat. L'Etat peut instaurer une sorte de "Play or Pay" pour contraindre les banques à investir dans les zones rurales; le "Play or Pay" est une méthode utilisée pour élargir l'accès aux services bancaires dans les communautés américaines sous-bancarisées. Soit indirectement par les mairies et les autorités locales qui pourront instituer des exonérations fiscales pour inciter les banques à s'installer dans leurs communes.
Quant à la Banque Centrale, c'est un peu plus compliqué. Elle est une autorité supra-nationale dont les actions impactent tous les pays de l'UEMOA tant dans les villes que les campagnes. Au demeurant, elle a déjà élaboré le cadre nécessaire (technique et légal) pour stimuler toute politique nationale de bancarisation. Les systèmes de paiement sont modernisés et aptes à traiter des valeurs en masse. Une directive spécifique de promotion de la bancarisation a été élaborée et chaque pays devra le transposer dans son arsenal juridique.
Bien cordialement - la bancarisation au congo brazzavilleJ'ai lu votre article, que j'ai trouvé très intéressant. je souhaierai savoir pourquoi il est si difficile de trouver des informations sur le faible taux de la bancarisation au congo brazza? pourquoi il n'y a pas de statisques?et les raisons qui font que le taux soit si bas dans la cemac et au congo en particulier.

- bonjourj'écris un mémoire sur le role des banques dans la promotion de la bancarisation au sénégal et j'ai pris l'exemple d'une structure (para)bancaire appelée postefinances. cette dernière est une filiale de la Poste nationale, gérante des services financiers postaux (compte courant postal, compte d'épargne,..., et dont la privatisation est en vue dans les prochains mois. j'ai lu votre article et ça m'a particulièrement interéssé. j'espère que je pourrais bénéficier de vos analyses et autres explications pour mener à bien mon travail?

cordialement - QuestionBonjour,votre article m'a beaucoup aider sur mon mémoire.

je bosse sur le comportement du consommateur sénségalais par rapport aux produits bancaires, et je souhaiterais vous poser deux questions:
. Quel est le taux de bancarisation au Sénégal?
. Est ce que les réalités socioculturelles ont un impact sur la faible bancarisation en Afrique?
Merci - Réponse à MynadiopBonjour,

Je vous remercie de l'intérêt.
- Pour le taux de bancarisation au Sénégal, bien vouloir consulter http://bpt2020.afrikblog.com/archives/2009/10/26/15576047.html
- Les réalités socioculturelles ont évidemment un impact sur la faible bancarisation en Afrique. La richesse en Afrique ce n'est pas une écriture, c'est d'abord quelque chose de matériel; maison, bétail, ... ou au mieux de l'argent liquide gardé à la maison. La crise bancaire des années 80 a renforcé cette perception qui encourage la thésaurisation à domicile. Mais je pense que les facteurs socio-culturels bien qu'ils existent ne doivent pas vraiment bloquants. Ils me paraissent surmontables. Le plus important étant la qualité et l'intérêt des services bancaires proposés. Si le téléphone portable a pu pénétré si vite et si intensément le marché africain, la banque le peut également. Tout est dans la manière.
bien cordialement - bancarisationbjr!

jai lue votre article avec bcp d'intéret cependant je voudrais savoir:
-comment peut on apprécier le niveau de bancarisation dans une économie?
- vue l'accroissement du niveau de compte en banque au cameroun entre 2002 et 2008 (de 605.555 à 999.069)que peut on conclure?
en attendant votre reponse, je vs REMERCIE!!! - Réponse à ManouJe vous remercie de l'intérêt.

1- Pour apprécier le niveau de bancarisation dans une économie, vous disposez de plusieurs indicateurs.
*Le taux de circulation fiduciaire (part de billets et pièces dans la monnaie globale)est un indicateur. Dans une économie faiblement bancarisée, les moyens scripturaux de paiement sont peu utilisés. Les paiements, même les plus gros se font en monnaie fiduciaire.
*La part du crédit bancaire dans le crédit domestique à l'économie est un autre indicateur.
*L'importance et la croissance des SFD donne une idée également du niveau de bancarisation.
*La distance moyenne (hors grandes villes) pour accéder à un guichet bancaire est un autre indicateur. Dans une économie bancarisée, le réseau bancaire est dense et accessible aux citoyens.
* etc...
2 - Le nombre de comptes qui croit de 60% de 2002 à 2008 traduit certainement une certaine amélioration du niveau de bancarisation des populations mais peut être pas forcément de l'économie, en tout cas pas dans les mêmes proportions. De façon théorique, je fais une différence entre "bancarisation de l'économie" et "bancarisation des populations". Il y a des personnes qui ont un compte mais l'utilisent comme une caisse où l'argent est en sécurité. Ils n'ont aucune activité bancaire en dehors du dépôt et du retrait au guichet (sans chèque) de leur argent. Economiquement leur bancarisation en se sent pas. Ils font tout avec la monnaie fiduciaire et ont recours aux SFD pour leurs besoins de crédit.
Voilà quelques éléments de réponse.
Cordialement - le faible taux de bancarisation-la crise financiere internationale et l'avenir de la banque islamiqueje suis en ma 1ere année de formation en BANQUE -FINANCE-ASSURANCE j'ai lu votre article et ça m'a apporter plus de connaissance et je vous en remercie

Mais je voudrais vous poser trois (3)questions:
1-le taux de bancarisation se situe dans la zone UEMOA autour de 6%.D'apres vous quels sont les facteurs qui sont à la base du faible niveau de ce taux et quels sontles mesures que vous proposez en vue de son redressement ???
2-Quel est l'origine de la crise financiere internationale et quelles sont ses consequences ???
3-que pouvez vous me dire sur l'avenir de la banque islamique dans l'espace UEMOA - labancarisation au marocmerci de votre attention moi j'ai entraine de réalisé un travail sur la bancarisation au maroc et je trouve que le maroc connaitre une vraie croissance mai reste toujoure inssufisant car les ressource non son pas augmante de meme rythme c-a-d la bancrisation ce qui illustrer une forte relation entre la bancarisation et le développement mais un petit critique sur la méthode de calcule...







