UEMOA et CEMAC

L'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) sont deux entités sous-régionales regroupant respectivement huit et six Etats. Elles sont structurées quasiment de la même façon et ont les mêmes objectifs d'intégration économique et de développement harmonieux.

Comparaison des densités (2001 à 2007)

Pour faire la comparaison entre les deux zones, nous avons déterminé  la densité du réseau bancaire de 2001  à densiteuemoacemac2007 pour chacun des quatorze Etats sur la base des données statistiques bancaires disponibles  dans les rapports annuels des autorités de contrôle et des données démographiques (extrapolées) du WDI 2007. La moyenne annuelle de ces densités a été ensuite déterminée pour chaque zone. Il ressort de nos calculs que la densité moyenne de la CEMAC est systématiquement supérieure à celle de l'UEMOA sur toute la période.

Ainsi, en 2001 la CEMAC disposait de 9 agences pour un million d'habitants tandis que l'UEMOA n'en disposait en moyenne que de 7.5 . En 2002 et 2003, l'écart s'est légèrement restreint avec 9 agences pour un million pour la CEMAC et 8 pour l'UEMOA avant de s'aggraver en 2004, 2005 et 2006.

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Explication possible de cette différence

Pour trouver une explication à cette différence, il faut regarder les densités au niveau des pays. Il apparaît que la densité de la CEMAC est tirée vers le haut par deux Etats pétroliers que sont le Gabon et la Guinée-Equatoriale. On remarquera d'ailleurs la nette progression de ce dernier pays qui passe d'une densité de 15 en 2001 à 27 agences pour un million d'habitants en 2007. Dans l'UEMOA, en dehors du Niger et de la Guinée-Bissau, les autres pays ont des densités qui sont plus ou moins proches de la moyenne notamment à partir de 2005.

La différence de densité observée au niveau des deux régions pourrait donc trouver son explication dans le niveau élevé de ressources financières dont disposent les pays pétroliers de l'Afrique Centrale notamment le Gabon et la Guinée.

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Cette abondance de liquidité a un impact direct sur le secteur bancaire. Elle lui fournit les moyens nécessaires pour étendre ses activités et servir plus de personnes.

Mais les revenus du pétrole  ne constituent peut-être pas la seule explication puisqu'au sein de la CEMAC, il y a le Congo et le Tchad qui sont également des pays exportateurs et qui n'ont pas pour autant une "bonne" densité de réseau bancaire.

Il serait intéressant de disposer des statistiques sur le nombre de comptes créés dans ces pays et de faire une deuxième comparaison basée sur le taux de bancarisation de la population.

NB: Même s'il n'existe pas une valeur normée qui permet de dire que le réseau bancaire d'un pays est dense ou non, il est aisé de constater au regard de ce qui se fait dans les pays développés que les deux zones économiques ont encore du chemin à parcourir pour démocratiser les services bancaires. Dans les pays  les plus développés, on est à  1 guichet bancaire pour 2500 habitants. Le fossé est énorme. L'intégration des NTIC nous permettra de ne pas forcément atteindre ces niveaux avant de desservir le maximum de gens mais...