logo_uemoa"Les dessous sales de l'immobilier ouest-africain"; c'est le titre d'un article intéressant sur lesafriques.com qui  présente le secteur de l'immobilier comme un véritable marché de blanchiment de capitaux dans l'UEMOA. Il ne saurait en être autrement.

En effet, la règlementation sur l'utilisation des moyens scripturaux n'est pas respectée. La monnaie fiduciaire est reine dans les transactions quotidiennes entre les commerçants et leurs clients et entre les particuliers en général et parfois  avec l'Etat. Les biens les plus chers sont payés en liquide. Pour s'en rendre compte, il suffit d'aller dans n'importe quel marché ou entreprise. Tout peut être payé avec le cash, sans limite de montant. Qu'une maison coûte un million ou qu'elle en coûte 200 fois plus, vous pouvez aligner les billets de banque neufs ou vieux pour le règlement.  Dans ces conditions, il est difficile de parler de lutte contre le blanchiment. Le GIABA a vu juste en mettant le doigt sur cet important aspect du problème de la criminalité financière. Le cas de l'immobilier est assez révélateur du problème parce qu'il induit des montants élevés en une seule opération mais ce n'est pas le seul secteur atteint par ce mal. Les juteux marchés de véhicules d'occasion, de produits congelés et alimentaires ... se gèrent également avec des billets de banque.

Il existe dans nos Etats des cellules de lutte contre le blanchiment des capitaux (CENTIF). Elles sont composées de financiers, de juristes et de cadres des brigades économiques. Ces cellules font de leur mieux pour aider nos Etats à barrer le chemin aux criminels de la finance. Mais qu'est ce qui est réellement possible dans ce domaine tant que le scriptural est réduit à la portion congrue dans les transactions entre les agents économiques non financiers? Quelle lutte peut-on mener sans la traçabilité des opérations? Je crois qu'il s'agit là d'une équation à plusieurs inconnues.  La lutte serait plus efficace si certains problèmes sont pris en charge en amont. Parmi ces problèmes figure en premier lieu celui de la promotion de la bancarisation et des moyens scripturaux de paiement.

En effet les transactions financières hors banque ne laissent que peu de trace et sont difficiles voire impossibles à suivre. La promotion de la bancarisation et des moyens scripturaux de paiement permettra aux banques de jouer en premier le rôle de flic financier en veillant au caractère régulier des transactions. Les cellules n'interviendront que pour des situations délicates impliquant plusieurs structures financières au niveau national ou international. Et là, elles disposeront de toutes les informations nécessaires à une véritable investigation.