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Banque pour tous à l'horizon 2020

Promotion de la bancarisation dans les pays africains en général et dans les pays de l'UEMOA en particulier.

02 novembre 2009

Les enjeux économiques de la Bancarisation en Afrique subsaharienne

Par Jean-Placide KEZA,

Docteur en Sciences économique

INTRODUCTION

Le concept de croissance économique est difficile à cerner. Les économistes s’interrogent encore aujourd’hui sur ce qu’ils savent de la croissance et sur la meilleure manière de définir une politique économique en l’absence de modèle fiable. Il n’en demeure pas moins que l’accélération de cette croissance économique est la grande priorité des responsables politiques  dans la plupart des pays, dans l’espoir de faire reculer la pauvreté et de relever le niveau de vie de la population.

Pour l’Afrique qui n’est pas en marge du phénomène, le problème se pose différemment.

En effet, depuis quelques années, l’Afrique subsaharienne connaît une croissance économique soutenue, avec de taux qui dépassent 5% par an. Ces chiffrent souffrent d’une contestation qui touche à la fois au concept même de croissance économique et au manque de fiabilité de l’appareil statistique. En Afrique subsaharienne, la poursuite de la croissance se heurte à un obstacle fondamental : la fragilité des secteurs financiers. La pérennité de la croissance économique ne peut pas se faire sans la mise en place d’une infrastructure financière sur laquelle elle peut s’appuyer. Des secteurs financiers solides profonds et efficients sont donc indispensables pour l’Afrique pour, améliorer le climat des affaires et créer les conditions dont l’économie a besoin pour « booster » la croissance.

En Afrique subsaharienne, les marchés boursiers sont embryonnaires. De même le secteur de l’assurance et les intermédiaires financiers non bancaires sont peu visibles. Dans ce contexte, l’analyse qui suit se limite au seul secteur bancaire.

En Afrique subsaharienne, le secteur bancaire représente plus de 80 % des actifs ; il est donc la partie la plus développée du secteur financier. Toutefois, la bancarisation se distingue par des taux très bas : entre 5% et 10%. Des taux très bas sont des obstacles à l’amélioration de la croissance économique et à sa stabilisation. Dans ce contexte, la réforme du secteur bancaire doit poursuivre l’objectif d’une bancarisation de masse car celle-ci va dans le  sens du développement économique.

En effet ,en dehors du fait que l’accès au services bancaires est indispensable pour mener une vie normale dans une société moderne, la fourniture des services financiers aux populations les plus démunies est un vecteur de lutte contre la pauvreté.

Cela est tellement vrai que l’Afrique subsaharienne voit aujourd’hui se développer de nouveaux modes d’organisation financière notamment la micro finance pour faciliter cet accès. Cependant, cette situation de concurrence entre secteur bancaire et micro finance est loin d’avoir favoriser l’élévation de taux de bancarisation. Il est donc important de voir quelles sont les entraves à cette bancarisation et dans quelle mesure elle peut porteuses d’opportunités pour les différents agents économiques.

1. Le secteur bancaire

Au regard de la zone CFA[1] en Afrique francophone et les Comores, le secteur bancaire compte des établissements financiers qui exercent une activité de banque universelle caractérisé par une structure oligopolistique dominée par des groupes internationaux qui contrôlent près de 70% du marché. Dans cet espace, les banques françaises conservent des positions fortes notamment la BNP, la  Société Générale le Crédit Agricole et le Crédit Lyonnais.

Compte tenu du fait que dans ces zones, les dépôts de la clientèle progressent plus vite que les crédits à la clientèle le système bancaire comporte  souvent une situation de trésorerie nette largement excédentaire. Depuis les années 90, période marquée par plusieurs crises, les banques ont subi une restructuration brutale et en profondeur ; la gestion du secteur a accompli d’énormes progrès. Le système bancaire est devenu relativement sain, liquide et rentable. Cependant il existe encore des lacunes en matière juridique, dans le financement des PME et la création d’entreprise.

À coté de ce système classique s’est développé un autre qui est aujourd’hui en pleine mutation : la micro finance.

2. Le secteur de la microfinance

Les pratiques traditionnelles d’épargne et de crédit ont toujours existé en Afrique subsaharienne. Son importance a amené de nombreux experts et chercheurs à s’intéresser à ce qui est appelé la finance informelle. Sous cette appellation on retrouve tous les flux financiers générés par le réseau des marchands, de prêteurs professionnels, des amis, de la famille, des gardes monnaie ainsi que des tontines. Ces flux qui échappent au secteur bancaire constituent un ensemble fort disparate qui ne doit son unité qu’a la proximité des relations entre les débiteurs et les créanciers.

C’est de cette vitalité de la finance informelle que naît la microfinance avec surtout la création de la Grameen-Bank au Bangladesh en 1976 dont le modèle a été repris partout en Afrique. À cela il faut ajouter trois caractéristiques suivants survenus dans le paysage économique africain :

  • la prépondérance du financement extérieur par rapport au financement local.

  • le secteur public auquel on préfère le secteur privé.

  • l’épargne préférée à la place du crédit.

Ainsi l’Afrique voit émerger de nouvelles institutions de micro finance (IMF) qui s’insèrent dans la nomenclature des institutions financières.

Aujourd’hui si la micro finance est bien connue, sa définition reste encore imprécise. C’est pourquoi, il est souvent fait référence au terme de microcrédit auquel il est associé. Le microcrédit est un crédit d’un montant peu élevé. Pour la Banque Mondiale le plafond est de 30 % du PNB par habitant, environ 100 000 Fcfa (150 euros). Ce crédit peut être demandé pour différents mobiles mais il l’est principalement pour développer « une activité génératrice de revenu ». Pour ce crédit le ou les emprunteurs n’offrent pas de garanties personnelles.

Pour la micro finance on distingue généralement quatre catégories d’institutions :

  • les mutuelles d’épargne de crédit ;

  • les caisses villageoises ;

  • les expériences de crédit direct ou les programmes d’appui au micro crédit qui sont financés parles ONG ;

  • les projets volet crédit financés et gérés comme les précédents mais dont l’activité principale est tout autre.

Toutefois, le monde de la microfinance est difficile à appréhender dans la mesure ou les banques commerciales commencent à faire de la micro finance.

En ce qui concerne la bancarisation, il faut tenir compte non seulement des opportunités mais aussi des contraintes.

Lire la suite sur le site http://www.cesbc.org


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20 octobre 2009

Niveaux de bancarisation au sein de la CEDEAO

ecowasUn sommet des chefs des Etats de la communauté s'est tenu le 17 octobre 2009 et a pris des mesures relativement importantes sur les problèmes de la Guinée et du Niger. Mais moins que la portée de ces mesures, c'est la volonté affichée de faire respecter les différents textes régissant l'institution qui a retenu l'attention. Il s'agit là d'un signal politique qui jette une lumière sur l'ambition de la CEDEAO à s'occuper en premier des problèmes internes à la communauté. Et ces problèmes sont nombreux. En dehors des problèmes politiques, il y a des défis économiques, monétaires et financiers énormes. Il existe un projet de création d'une seule monnaie pour l'ensemble des Etats.

Pour ce qui nous concerne, nous avons juste souhiaté profiter des feux qui sont actuellement lancés sur cette organisation sous-régionale pour faire une petite étude comparative de la situation de la bancarisation dans les différents Etats membres. Cette étude montre le retard des pays de l'UEMOA par rapport aux autres en matière de densification des réseaux bancaires. Au sein de la CEDEAO, le Cap Vert s'est révélé  être, de très loin, le pays le plus bancarisé. Il a une densité de 154 agences pour un million d'habitants suivi par la Gambie avec 30 agences pour un million d'habitants. Le Niger et la Guinée-Bissau sont les pays les moins bancarisés de la communauté.

Lire l'article bancarisation_cedeao

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30 juillet 2009

Séminaire sur la bancarisation en Afrique

afriqueDeux mois après notre participation au premier forum sur la bancarisation en Afrique tenu, du 14 au 15 mai 2009 à marrakech, nous avons choisi de vous présenter un résumé succinct des travaux à travers les grands points ayant retenu notre attention.

Le séminaire a enregistré la participation des acteurs privés et institutionnels qui ont exposé leurs visions du défi que représente le problème de la bancarisation en Afrique du Nord, du Centre et de l'Ouest. Un acteur stratégique était absent. Il s'agit des autorités publiques (gouvernements, banques centrales, pouvoirs locaux,etc) qui ont un rôle de première importance à jouer dans toute politique de bancarisation de masse au niveau des différents pays ou régions. 

Bonne lecture.

synth_se_travaux_seminaire_bancarisation_mai_2009

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14 août 2008

Mesure du caractère inclusif du système financier: une étude intéressante du ICRIER (India)

Je vous recommande cette étude du "Indian council for research on international economic relations" qui présente un indice intéressant pour l'évaluation du système financier inclusif des pays. Une comparaison internationale faite sur la base de cet indice montre, si besoin en était, l'écart très important existant entre les pays développés et les pays en développement .
Aucun pays de l'UEMOA, ni de la CEMAC ne figure dans les deux classements qui donnent respectivement les 55 et les 100 premiers pays.

L'article est disponible sur le site du ICRIER

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06 août 2008

Un article intéressant

The Impact of Technology and Regulation on the Geographical Scope of Banking

C'est un article publié par le Département des sciences économiques du Catholic University of Leuven en Belgique.

Abstract   (des auteurs)

We review how technological advances and changes in regulation may shape the (future) geographical scope of banking. We first review how both physical distance and the presence of borders currently affect bank lending conditions (loan pricing and credit availability) and market presence (branching and servicing). Next we discuss how technology and regulation have altered this impact and analyse the current state of the European banking sector. We discuss both theoretical contributions and empirical work and highlight open questions along the way.
We draw three main lessons from the current theoretical and empirical literature: (1) Bank lending to small businesses in Europe may be characterized both by (local) spatial pricing and resilient (regional and/or national) market segmentation; (2) Because of informational asymmetries in the retail market, bank mergers and acquisitions seem the optimal route of
entering another market, long before cross-border servicing or direct entry are economically feasible; (3) Current technological and regulatory developments may to a large extent remain impotent in further dismantling the various residual but mutually reinforcing frictions in the retail banking markets in Europe. We conclude the paper by offering
pertinent policy recommendations based on these three lessons.

Pour lire il faut cliquer ici

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24 juillet 2008

Comparaison des niveaux de bancarisation dans le monde :situation de l’ UEMOA et de la CEMAC

logo_uemoalogocemac

Comparaison des niveaux de bancarisation

dans le monde : situation de l’ UEMOA et de la CEMAC.

 

Résumé

Le niveau de bancarisation est globalement fonction du niveau de développement économique. Plus un pays est développé, plus son niveau de bancarisation est élevé et inversement. Ainsi la France, l’Allemagne et les Etats-Unis par exemple, sont à des taux de bancarisation de plus de 90% tandis que le Yémen, la Centrafrique et le Niger ont des taux inférieurs à 10% en 2007. Cependant, en dépit d’une situation économique peu favorable, des pays comme la Tunisie, le Maroc, la Zambie et le Kenya présentent des niveaux de bancarisation relativement élevés.

Ces exceptions sont mises en exergue par la présente étude qui montre qu’au delà du niveau de développement économique, le processus de bancarisation peut être accéléré par différentes initiatives. L’étude est particulièrement centrée sur les zones économiques de l’UEMOA et de la CEMAC qui regroupent des pays en développement dont le niveau de bancarisation est très faible. 

A travers une comparaison internationale des indicateurs de bancarisation, nous avons souhaité montrer l’ampleur du « fossé de bancarisation » existant entre ces deux zones et les pays développés.

Pour cela, nous avons constitué un échantillon de 42 pays subdivisé en trois sous-échantillons. Le premier sous-échantillon regroupe les 14 Etats de l’UEMOA et de la CEMAC, le deuxième regroupe 12 pays développés de l’OCDE et le troisième regroupant 16 pays de niveaux de développement plutôt intermédiaires pour servir d’échantillon témoin. Nous avons choisi trois indicateurs de mesure de bancarisation à savoir le taux de bancarisation qui représente la part de la population détentrice d’un compte en banque, la densité du réseau bancaire qui représente le nombre d’habitants par agence bancaire et la part du secteur bancaire dans le crédit domestique à l’économie qui est produit par la Banque Mondiale.

Les comparaisons faites sur des statistiques collectées entre 2004 et 2007 ont confirmé la hiérarchisation des niveaux de bancarisation en fonction du niveau de développement économique. Mais elles ont également permis de mettre en exergue l’impact positif probable d’une modernisation des systèmes et moyens de paiement et d’un environnement juridique adéquat. Enfin, il apparaît nécessaire pour les pays en développement et particulièrement pour ceux de l’UEMOA et de la CEMAC de définir des indicateurs précis de mesure de leur niveau bancarisation afin de faciliter des comparaisons au niveau international et de pouvoir apprécier leur propre évolution dans le temps.

Mots clés : Bancarisation, niveau de développement.

Téléchargez l'article au complet en cliquant sur le lien suivant.
Les_niveaux_de_Bancarisation_dans_le_monde

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19 mai 2008

Comparaison internationale des niveaux de bancarisation

Plus récent que le précédent cet article traite toujours du thème de comparaison des niveaux de bancarisation entre différents pays développés. Il établit une relation de proportionnalité inverse entre le nombre d'agences bancaires et le nombre de GAB/DAB et de terminaux de paiement électroniques.

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15 mai 2008

Une comparaison internationale sur la densité des réseaux bancaires

Article en accès libre ici.

Cet article qui date de 1998 est une mise à jour d'un article précédent. Les travaux de comparaison n'ont été effectués que sur des pays développés. Aucun pays en développement, encore moins de l'UEMOA ne figure dans l'échantillon. Il est néanmoins intéressant car il permet d'avoir une idée sur les types de services prisés par pays. La bancarisation revêt plusieurs formes. Elle est aussi fonction du style de consommation du pays concerné. Certains pays préfèrent les moyens scripturaux classiques comme le chèque, d'autres préfèrent les moyens électroniques.

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18 décembre 2007

Les déterminants de la faible bancarisation dans l'UEMOA

Il s'agit du thème d'un mémoire de Master que nous avons soutenu à l'Université Polytechnique Internationale du Bénin.
Dans ce travail, nous avons essayé de mettre en exergue les principaux facteurs qui expliquent le très faible taux de bancarisation enregistré dans les pays de l'UEMOA. Nous avons fait une étude à deux niveaux (l'analyse contextuelle de la faible bancarisation et une étude économétrique) qui nous a permis de dégager certains des facteurs déterminants comme la faillite bancaire des années 80, le revenu par habitant, le volume de microcrédit distribué par les institutions de microfinance, etc. Nous avons enfin proposé des approches de solution pour aider à la promotion de la bancarisation.

Toute critique constructive de ce travail sera d'un grand apport. En cas de difficulté pour télécharger le mémoire ci-dessous, prière me laisser un message (gansinhounde@yahoo.fr) pour le recevoir par mail.

memoire

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