08 décembre 2009
Cycle infernal des braquages sanglants à Cotonou: A quand la fin du calvaire?
Depuis quelques mois, les
actes de grand banditisme se sont multipliés à Cotonou, la capitale
économique du Bénin, laissant la population dans une certaine
psychose. Les titres des journaux qui relatent ces évènement
regrettables suffisent amplement pour nous édifier. En effet, le
journal en ligne « afrik.com »
affichait le 22 novembre 2008 : ''Braquage sanglant au Bénin:
« Hollywood » s'invite à Cotonou''. Etaient visées
dans cette expédition sanglante deux agences bancaires situées dans
le plus grand marché du pays, dantokpa. Le 10 janvier 2009, c'était
« afriquejet.com »
qui titrait ''Un braquage fait deux morts et une dizaine de
blessés à Cotonou''. Le mobile de ce vol était un sac de
cambiste contenant la somme de 2 millions de FCA. Le 17 novembre
2009, le quotidien « Le
Matinal » affichait ''Braquage à mains armées à
Atinkanmey: Panique et débandade hier à Cotonou''. Une
opération avait alors été menée par les malfrats pour déposséder
une boutique de sa recette journalière. Le même quotidien
annonce le 8 décembre 2009, ''Braquage hier à houéyiho: deux
blessés graves , 700.000 FCFA et des téléphones portables
emportés''. L'article indique qu'il s'agit en l'espace de cinq
(05) jours, du deuxième acte du genre dans l'arrondissement
concerné.
Un seul mobile : l'argent liquide
Le seul et unique mobile
de tous ces actes crapuleux reste et demeure le gain facile et plus
précisément le gain de l'argent liquide. La monnaie fiduciaire est
une denrée de première nécessité dans le fonctionnement de
l'économie béninoise. La plupart des transactions courantes se
dénouent avec du cash.
Dans les marchés et boutiques de la capitale
économique, tout se vend et s'achète avec de l'espèce. Du petit
sachet d'eau à la maison d'habitation en passant par les bijoux, les
habits, les appareils électroménagers, les matériaux de
construction ..., tout est négociable avec des billets de banque,
sans aucune limitation. Ainsi une boutique quelconque peut se
retrouver avec une caisse de plusieurs millions de franc CFA en fin
de journée.
Quel dispositif sécuritaire peut enrayer le phénomène?
Nous pensons qu'il n 'existe aucun dispositif sécuritaire qui puisse définitivement enrayer ce phénomène dans la capitale économique et au delà dans le pays. Toutes les grandes artères de la capitale sont bordées de boutiques de vente, ayant des caisses qui se remplissent à des degrés divers tous les soirs. Les retraits fréquents d'argent liquide à nos nombreux guichets bancaires et de montant important ne sont pas sécurisables par les forces de l'ordre. Les gangsters adaptent leur mode opératoire au dispositif sécuritaire qu'ils pressentent sur le terrain où ils veulent opérer. L'armée, la gendarmerie, la police nationale ont certes encore des marges de manoeuvre pour essayer d'endiguer autant que possible ce banditisme de grand chemin. Mais nous pensons que le salut est à rechercher ailleurs.
Seule solution viable: bancarisation et utilisation des moyens scripturaux de paiement.
La seule solution qui nous paraît la plus sure et la mieux adaptée à ce problème est la promotion de la bancarisation et l'utilisation des moyens scripturaux de paiement. L'argent non liquide élimine l'appât du braqueur. L'utilisation des chèques, effets et cartes bancaires pour le règlement des transactions est l'arme idéale pour mettre fin à aux actes hollywoodiens de mauvais goût dans nos cités. Nous avons pleinement conscience des difficultés monstrueuses à résoudre pour que ce rêve devienne une réalité. Mais nous nous devons cet effort au nom de nos parents, frères, soeurs et amis qui ont laissé leur vie dans ces drames. Nous nous le devons pour une meilleure sécurisation de nos villes et campagnes. Le cadre juridique existe. Il suffit ''simplement'' de faire appliquer les textes. Nous devons arrêter de sacrifier notre sécurité collective sur l'autel de la crainte individuelle des chèques impayés. Chaque acteur économique doit prendre conscience de sa responsabilité. Quant aux autorités, elles ont l'impérieux devoir de travailler à asseoir la confiance des agents économiques dans les moyens de paiement scripturaux.
06 décembre 2009
Quel effectif pour une agence bancaire ?
Il n'existe pas un effectif type pour une agence ou bureau bancaire. Tout dépend de la politique commerciale interne de chaque institution. Certaines banques optent pour une centralisation de leurs activités. Ainsi, elles ne créent qu'un nombre restreint d'agences. Le reste étant constitué de points de services ou bureaux. D'autres banques par contre mettent en place un véritable maillage du territoire avec des agences dotées d'une certaine autonomie dans la prise de décision.
Dans l'UEMOA, l'effectif moyen par agence ou bureau bancaire s'élève à 13 agents. Certains pays ont des effectifs nettement supérieurs. Il s'agit de la Guinée-Bissau avec 21 agents, la Côte d'Ivoire avec 16 agents, le Bénin et le Niger avec 14 agents. Les autres pays ont des effectifs inférieurs ou égaux à la moyenne. Il s'agit du Burkina avec 13 agents, le Mali avec 12 agents, le Togo avec 11 agents et le Sénégal avec seulement 10 agents par agence ou bureau bancaire.
Il est difficile voire impossible de tirer la moindre conclusion de ces chiffres brutes. En effet, comme indiqué ci-dessus, tout dépend de la politique commerciale de chaque institution. L'effectif d'une agence ou bureau dépend de l'activité qu'on y mène. Une agence qui n'a pour cahier de charge que de collecter les dépôts et d'honorer les engagements à vue de l'institution n'aura pas le même effectif qu'une agence qui en plus, est autorisée à analyser les dossiers de crédit ou de remise documentaire.
En plus, une banque qui investit dans les NTIC peut valablement centraliser toute prise de décision sans que le client n'en ressente forcément le coût en terme de temps d'attente.
10 novembre 2009
Délai d'encaissement d'un chèque dans l'UEMOA
« J'ai déposé mon
chèque à l'encaissement depuis plusieurs jours et jusqu'à présent
mon compte n'est pas crédité » ou « Voici les preuves
qu'un virement a été fait sur mon compte depuis un moment mais je
n'ai rien reçu à ce jour » ou encore « On m'a
dit que les systèmes de paiement sont automatisés mais c'est
toujours difficile d'être crédité à temps » Ces plaintes
sont fréquemment faites par les clients des institutions bancaires à
leurs chargés de clientèle qui ont parfois du mal à expliquer et se faire
comprendre. Les banques sont très souvent mises à l'index, accusées
de tout et traitées de tous les noms. Elles sont parfois fautives.
C'est vrai. Mais elles n'en sont parfois pour rien dans la lenteur
constatée par le client qui attend un mouvement positif sur son
compte. Ce qu'il est important de savoir est qu'un chèque à
l'encaissement ou un ordre de virement suit obligatoirement un
circuit qui est plus ou moins long suivant les banques mais qui est
également fonction de la nature de l'instrument et des conditions de
délivrance.
Que dit la loi?
La loi qui s'applique en matière de délai de paiement est le règlement N°15/2002/CM/UEMOA relatif aux systèmes de paiement dans les États membres de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine en abrégé R15.
L'article 14 du R15 dit exactement ce qui suit :
« Le délai de paiement du client, calculé à partir du moment où l’instrument ou l’ordre de paiement initial parvient à un guichet de banque (remise d’un ordre de virement, dépôt d’un chèque pour encaissement), jusqu’au moment où le compte du bénéficiaire est crédité, est réparti en trois périodes ainsi définies :
le temps de préparation de l’opération avant remise en compensation qui ne peut dépasser quarante huit (48) heures ;
le délai de règlement de l’opération au compte de la banque bénéficiaire imposé par le système de compensation ;
l'intervalle appelé « délai de ‘‘float’’ » situé entre le jour où la banque a reçu les fonds sur son compte à la Banque Centrale (résultat de la compensation) et le jour où ils sont crédités au compte du client bénéficiaire fixé à un maximum de trois (3) jours.»
Les points 1 et 3 accordent un délai de 5 jours aux banques auquel il faudra ajouter la durée du règlement de l'opération à la compensation. La convention de compensation signée entre la Banque Centrale et les banques primaires dans le cadre de la mise en place de la télé-compensation indique que les virements sont réglés au jour J et les chèques au jour J+1 sauf rejet par la banque du tiré.
Ainsi, un client peut attendre jusqu'à six (06) jours s'il est bénéficiaire d'un virement et, sept (07) jours s'il dépose un chèque à l'encaissement. Il faut noter qu'il s'agit de jours ouvrés. Le week-end et les jours fériés ne sont pas pris en compte.
Une banque est n'est donc
juridiquement condamnable que s'il fait attendre un client plus de 6
ou 7 jours ouvrés pour un ordre de virement ou un chèque à
encaisser; encore faudrait-il s'assurer que l'instrument n'est pas
entaché d'irrégularités. Un ordre de virement mal libellé, un
chèque sans provision, sans les mentions obligatoires ou raturé
peut rallonger le délai d'attente.
Que retenir ?
La loi fixe le délai maximal. Elle n'en impose aucun hormis le délai de règlement de l'opération à la compensation qui est d'un jour pour le virement et de deux jours pour le chèque. Les banques ont donc une grande marge de manœuvre et peuvent faire jouer leur savoir faire et leur maîtrise des opérations à la clientèle. Il est possible (et d'ailleurs courant) qu'au bout de 48 heures, une banque vous crédite pour un chèque à l'encaissement. Chaque client d'institution bancaire doit inciter sa banque à faire diligence et à ne pas se réfugier derrière le délai maximal accordé par les textes. Dans tous les cas, le temps que met une institution pour créditer son client peut constituer pour ce dernier un indicateur de l'efficacité de son banquier. Et mieux vaut en changer si cet indicateur est mauvais.
04 novembre 2009
La bancarisation est un préalable à une lutte efficace contre le blanchiment dans l'UMOA
"Les dessous sales de l'immobilier ouest-africain"; c'est le titre d'un article intéressant sur lesafriques.com qui présente le secteur de l'immobilier comme un véritable marché de blanchiment de capitaux dans l'UEMOA. Il ne saurait en être autrement.
En effet, la règlementation sur l'utilisation des moyens scripturaux n'est pas respectée. La monnaie fiduciaire est reine dans les transactions quotidiennes entre les commerçants et leurs clients et entre les particuliers en général et parfois avec l'Etat. Les biens les plus chers sont payés en liquide. Pour s'en rendre compte, il suffit d'aller dans n'importe quel marché ou entreprise. Tout peut être payé avec le cash, sans limite de montant. Qu'une maison coûte un million ou qu'elle en coûte 200 fois plus, vous pouvez aligner les billets de banque neufs ou vieux pour le règlement. Dans ces conditions, il est difficile de parler de lutte contre le blanchiment. Le GIABA a vu juste en mettant le doigt sur cet important aspect du problème de la criminalité financière. Le cas de l'immobilier est assez révélateur du problème parce qu'il induit des montants élevés en une seule opération mais ce n'est pas le seul secteur atteint par ce mal. Les juteux marchés de véhicules d'occasion, de produits congelés et alimentaires ... se gèrent également avec des billets de banque.
Il existe dans nos Etats des cellules de lutte contre le blanchiment des capitaux (CENTIF). Elles sont composées de financiers, de juristes et de cadres des brigades économiques. Ces cellules font de leur mieux pour aider nos Etats à barrer le chemin aux criminels de la finance. Mais qu'est ce qui est réellement possible dans ce domaine tant que le scriptural est réduit à la portion congrue dans les transactions entre les agents économiques non financiers? Quelle lutte peut-on mener sans la traçabilité des opérations? Je crois qu'il s'agit là d'une équation à plusieurs inconnues. La lutte serait plus efficace si certains problèmes sont pris en charge en amont. Parmi ces problèmes figure en premier lieu celui de la promotion de la bancarisation et des moyens scripturaux de paiement.
En effet les transactions financières hors banque ne laissent que peu de trace et sont difficiles voire impossibles à suivre. La promotion de la bancarisation et des moyens scripturaux de paiement permettra aux banques de jouer en premier le rôle de flic financier en veillant au caractère régulier des transactions. Les cellules n'interviendront que pour des situations délicates impliquant plusieurs structures financières au niveau national ou international. Et là, elles disposeront de toutes les informations nécessaires à une véritable investigation.
28 octobre 2009
La CEMAC dispose d'un réseau bancaire plus dense que celui de l'UEMOA
UEMOA et CEMAC
L'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) sont deux entités sous-régionales regroupant respectivement huit et six Etats. Elles sont structurées quasiment de la même façon et ont les mêmes objectifs d'intégration économique et de développement harmonieux.
Comparaison des densités (2001 à 2007)
Pour faire la comparaison entre les deux zones, nous avons déterminé la densité du réseau bancaire de 2001 à
2007 pour chacun des quatorze Etats sur la base des données statistiques bancaires disponibles dans les rapports annuels des autorités de contrôle et des données démographiques (extrapolées) du WDI 2007. La moyenne annuelle de ces densités a été ensuite déterminée pour chaque zone. Il ressort de nos calculs que la densité moyenne de la CEMAC est systématiquement supérieure à celle de l'UEMOA sur toute la période.
Ainsi, en 2001 la CEMAC disposait de 9 agences pour un million d'habitants tandis que l'UEMOA n'en disposait en moyenne que de 7.5 . En 2002 et 2003, l'écart s'est légèrement restreint avec 9 agences pour un million pour la CEMAC et 8 pour l'UEMOA avant de s'aggraver en 2004, 2005 et 2006.
Explication possible de cette différence
Pour trouver une explication à cette différence, il faut regarder les densités au niveau des pays. Il apparaît que la densité de la CEMAC est tirée vers le haut par deux Etats pétroliers que sont le Gabon et la Guinée-Equatoriale. On remarquera d'ailleurs la nette progression de ce dernier pays qui passe d'une densité de 15 en 2001 à 27 agences pour un million d'habitants en 2007. Dans l'UEMOA, en dehors du Niger et de la Guinée-Bissau, les autres pays ont des densités qui sont plus ou moins proches de la moyenne notamment à partir de 2005.
La différence de densité observée au niveau des deux régions pourrait donc trouver son explication dans le niveau élevé de ressources financières dont disposent les pays pétroliers de l'Afrique Centrale notamment le Gabon et la Guinée.
Cette abondance de liquidité a un impact direct sur le secteur bancaire. Elle lui fournit les moyens nécessaires pour étendre ses activités et servir plus de personnes.
Mais les revenus du pétrole ne constituent peut-être pas la seule explication puisqu'au sein de la CEMAC, il y a le Congo et le Tchad qui sont également des pays exportateurs et qui n'ont pas pour autant une "bonne" densité de réseau bancaire.
Il serait intéressant de disposer des statistiques sur le nombre de comptes créés dans ces pays et de faire une deuxième comparaison basée sur le taux de bancarisation de la population.
NB: Même s'il n'existe pas une valeur normée qui permet de dire que le réseau bancaire d'un pays est dense ou non, il est aisé de constater au regard de ce qui se fait dans les pays développés que les deux zones économiques ont encore du chemin à parcourir pour démocratiser les services bancaires. Dans les pays les plus développés, on est à 1 guichet bancaire pour 2500 habitants. Le fossé est énorme. L'intégration des NTIC nous permettra de ne pas forcément atteindre ces niveaux avant de desservir le maximum de gens mais...
09 octobre 2009
Le Royaume du Maroc a renforcé la modernisation de son système de paiement en 2008
Selon le rapport annuel 2008 de la Bank-Al-Maghrib (Banque Centrale), le système interbancaire marocain de télécompensation (SIMT) a intégré l'échange dématérialisé de la lettre de change normalisée. La possibilité de numérisation de ce moyen de paiement traduit la volonté des acteurs du système bancaire de faire du SIMT un outil fiable, capable d'assurer la promotion de tous les moyens de paiement. Il faut dire que jusque-là, l'utilisation des effets était handicapée par le délai de transport du support physique nécessaire à la validation des opérations.
Par ailleurs le Maroc s'est doté d'un cadre conventionnel pour la surveillance des systèmes de paiement, entré en vigueur en janvier 2009. Il s'agit d'un dispositif qui prévoit l'adoption de règles communes de bonne gouvernance, de transparence, de sécurité, de prévention, de maîtrise des risques et de continuité des activités.
Enfin, il faut noter que l'étude pour la mise en place d'un fonds de garantie par l'association pour un système interbancaire marocain de télécompensation(ASIMT) a été achevée au cours de l'exercice 2008. Ce fonds renforcera la sécurité globale du système parce qu'il permettra de suppléer la défaillance d'un participant.
05 octobre 2009
Le groupe BOA investit le secteur des transferts de fonds
Le groupe BOA crée une société financière de transfert de fonds en France. D'après le PDG de ce groupe Paul Derreumaux, l'activité de transferts de fonds des migrants est rentable mais coûte actuellement chère. Il se propose de faire une réduction sur les frais et commissions et compte sur un volume croissant pour rentabiliser l'opération. La nouvelle société devra néanmoins faire face à une concurrence asssez vive dans ce secteur d'activité. Elle doit notamment se frotter au géant mondial Western Union dont les enseignes sont visibles dans presque tous les pays africains et parfois dans des zones très reculées.
26 septembre 2009
Une raison de faire confiance à votre banque
Il m'est souvent donné d'entendre des amis ou de simples connaissances se plaindre de la qualité de leurs relations bancaires, traitant leurs banquiers de "voleurs" et de bien d'autres noms que je ne permettrai pas d''indiquer ici. Sans utiliser ces qualificatifs péjoratifs, je me dois d'avouer qu'il m'arrive personnellement d'exprimer mon incompréhension par rapport à des frais et commissions bancaires que j'estime injustifiés et carrément "frauduleux". Mais les banquiers de l'Union ne méritent pas tous les noms dont on les traite. Ils n'en méritent peut-être même aucun.
Nos banques font des efforts importants pour satisfaire leur clientèle. Ces efforts ne sont pas forcément connus de la grande masse qui ne peut donc en apprécier la portée. Il est par exemple inconnu du grand public que les banques paient à la Banque Centrale 170 CFA ( peut être moins en 2009) pour chaque chèque qu'elles présentent à la compensation pour leurs clients sans pour autant répercuter le coût sur ces derniers.
En effet, la mise en place de la télécompensation au sein de l'UEMOA a été préfinancée par la Banque Centrale à hauteur de 4,13 millards FCFA. Afin d'assurer l'amortissement de l'investissement initial, il a été instauré une redevance annuelle par participant et une facturation de 170 FCFA par opération présentée dans le système. Tous les participants à la télécompensation sont soumis à cette facturation. Par ailleurs, il faut signaler que dans le cadre de la mise en place de ce système, chaque participant direct a eu à acquérir une solution technique de traitement des valeurs et des équipements de télécommunication pour assurer l'échange d'information entre son site et le site de la représentation locale de la Banque Centrale. Ces investissements ont permis de sécuriser davantage le traitement des valeurs et de réduire le temps de compensation. Toutes choses dont le client final est bénéficiaire sans en supporter le moindre coût. En dehors du Burkina et du Sénégal (1), les banques de l'Union n'ont pas répercuté la facturation sur leurs clients. Il s'agit là d'une décision juste qui mérite d'être saluée. Il faut le mettre à l'actif des banques et leur en savoir gré.
Nous pouvons (et devons) faire confiance à notre banquier, même s'il ne nous informe pas toujours de ce qu'il fait pour nous.
(1) Rapport 2007 sur les systèmes de paiement.
17 septembre 2009
Les banques et les Béninois : mots et maux d’une inimitié
Tel est le titre d'un article décapant sur la perception que les béninois ont des banques de la place. Il est publié sur afrik.com . L'échantillon des personnes interviewées n'est pas représentatif de la population béninoise. Mais il est curieux de noter que les griefs sont presque identiques et peuvent se résumer comme suit:
1/ Le banquier béninois n'est pas accueillant: Cette critique est systématique et me semble bien pertinente. Tout cadre supérieur du secteur bancaire que je suis, il m'est arrivé de subir des accueils franchement déplaisants aux guichets de certaines agences bancaires de la place. L'accueil semble dépendre du "look" ou de la fréquence des opérations. Si on est bien habillé ou si on est reconnu comme client, on est aussitôt mis à l'aise. Mais si on est dans un haillon ou dans une tenue un peu malpropre (habit de mécanicien ou de soudeur), l'accueil est glacial et il faut une certaine tenacité pour aller au bout de son opération. Cela commence d'abord par les vigiles de sécurité dont le regard est interpellateur. Ensuite, l'agent du guichet qui dévisage de manière peu appropriée surtout s'il s'agit d'une opération de retrait. On a l'impression qu'il cherche la petite bête.
Il s'agit d'un problème préoccupant. Les institutions en sont conscientes. Certaines mettent de plus en plus un personnel féminin de charme à leurs guichets. Mais le sourire varie toujours selon le client. D'autres institutions font recours à des structures spécialisées dans la formation comme le cabinet "Afrique Conseil" pour doter leur personnel de notions essentielles en matière d'accueil et de gestion de la clientèle d'entreprise.
2/ Les frais de tenue de compte sont élevés: En ralité les personnes interviewées auraient souhaité ne pas en payer du tout. Il s'agit également d'une préoccupation que je partage. Il n'existe pas (sauf erreur de ma part) de banque béninoise qui offre un compte bancaire sans frais. Tous les comptes donnent lieu à des frais y compris les comptes d'épargne. Dans un pays où le SMIC est de 30.000 FCFA environ, un particulier doit payer environ 1500 à 2500 FCFA par mois pour disposer d'un compte chèques. Et pour tous les comptes, un montant minimal est exigé à l'ouverture. Il va de 10.000 FCFA à 100.000FCFA et plus. Les banques soumettent leurs clients parfois à des prélèvements de frais non justifiés. Tant pis pour celui qui ne regarde pas régulièrement ses relevés de comptes (s'il en reçoit). Il m'est personnelement arrivé de constater qu'une banque m'a prélevé une prime de souscritpion à une bancassurance sans la moindre signature de ma part. On reçoit un relevé qui propose le service et l'on indique qu'en absence de réponse, la réponse est considérée comme positive. Toutes ces pratiques découragent même les plus avisés. Plusesurs de mes amis fonctionnaires, ne disposent que de comptes d'épargne parce qu'ils craignent de se faire gruger avec les comptes chèques.
Cette question de cherté des frais de tenue mérite que les acteurs du secteur bancaire s'y attardent. Il serait souhaitable que le droit au compte (dont la mise en application reste à prouver) déjà adopté dans nos textes réglémentaires soit accompagné de la notion de services bancaires de base au contenu bien défini et au coût bien précisé, si ce n'est nul.
3/ La banque sert à garder l'argent: Une des personnes dit qu'elle n'a pas d'argent pour aller déposer à la banque. Cette conception du métier de banque est assez répandue dans la population. On ne pense pas à la banque en tant que pourvoyeur de fonds mais en tant que gardien et rémunérateur de fonds, prenant au passage ses commissions. Cela tient quelque peu du manque de communication des institutions bancaires. Elles se contentent de la clientèle de haut de gamme (société ou institutions d'Etat, grandes ou moyennes entreprises, etc). Les particuliers et les multitudes d'entreprises unipersonnelles du secteur informel sont peu ciblés dans les rares campagnes de publicité qui sont faites. Il est vrai qu'à chaque rentrée scolaire, on est bombardé de publicité sur les crédits scolaires mais cela ne va pas loin. Je pense que les banques gagneraient à communiquer et à mettre le crédit au centre de leur campagne publicitaire. Le problème foncier béninois est un frein mais des marges de maoeuvre existent notamment au niveau des entreprises. La bancarisation par le compte de dépôt montre ses limites et il serait indiqué d'essayer la bancarisation par la démocratisation du crédit. Ce ne sera pas facile mais cela pourrait être la solution, avec l'aide de l'Etat bien sûr. Espérons qu'avec les travaux du Millenium Challenge Account sur le foncier, le Bénin pourra voir le bout du tunnel pour cet épineux problème afin de faciliter la gestion des garanties hypothécaires.
27 août 2009
Les banques nigérianes dans l'espace UEMOA
Il n'est un secret pour personne que les banques du puissant Nigéria ont une trésorerie faramineuse depuis la consolidation réussie du secteur bancaire dans ce pays. Et la zone, presque naturelle, de prédilection pour leur expansion est la zone UEMOA qui avec ses 8 pays partageant le même destin monétaire constitue une proie de première importance. Certaines banques sont en avance notamment Diamond Bank et United Bank of Africa, d'autres sont en train de se positionner à l'instar de Access Bank. Ceci constitue une opportunité pour l'Union qui est dans un processus de recapitalisation des banques dont le capital devrait passer de 1 à 05 milliards en 2010 et 10 milliards par la suite.
L'autre avantage est que cette arrivée permettra de réduire l'influence trop grande des banques européennes qui n'accompagnent pas toujours les économies de la sous-région dans les moments délicats comme celui (actuel) de la crise financière internationale. Toutefois, l'expérience (malheureuse) du rachat de Omnifinace par Access Bank en Côte d'Ivoire recommande un optimisme modéré. En effet, cette opération bien dessinée sur papier a failli capoter en raison ,entre autres, de la différence de style de management entre francophones et anglophones. Pour preuve, près de 80% du personnel en place lors du rachat serait parti ( hors série n°17 du magazine économique ivoirien PME ). Il est donc souhaitable que ce mouvement irréversible d'arrivée de capitaux nigérians dans le secteur bancaire se fasse avec "grande intelligence" et au profit du développement économique de la sous région.


