Il est admis de tous les économistes que la microfinance moins qu'un outil de financement du développement est un outil de réduction de la pauvreté. Les banques et les marchés financiers demeurent la seule issue pour le financement d'un développement économique endogène. Il est donc important et urgent qu'une réflexion approfondie soit menée pour étudier les voies et moyens permettant de faire jouer aux banques leur véritable rôle de bras financier d'une économie qui se veut prospère voire émergente. 

Actuellement, moins de 10% de la population de l'UEMOA a accès au compte bancaire et éventuellement au crédit. L'écrasante majorité est exclue du système bancaire classique. Une partie importante de cette majorité trouve une relative satisfaction avec les institutions de microfinance qui assurent des financements de proximité. Avec le microcrédit, les populations sortent de leur statut d'extrême pauvreté et acquièrent progressivement les qualités nécessaires à leur bancarisation. Mais là survient un problème de taille: le manque de passerelle entre IMFs et banques. Les personnes même bancarisables demeurent clientes des IMFs pour diverses raisons parmi lesquelles nous pouvons citer le manqe d'information et de conseil, l'habitude, la proximité affective des IMFs, etc...

Nous proposons que les clients des IMFs peuvent être classés en trois parties essentiellement:
*(1) les plus pauvres: qui prennent régulièrement des crédits de montant inférieur à un montant M1 ( Par exemple pour le Bénin M1 = 50 000FCFA);
*(2) les pauvres: qui prennent régulièrement des crédits dont le montant varie entre un montant M1 et un montant M2 (Par exemple pour le Bénin M2 = 100 000 FCFA);
*(3) les moins pauvres: qui prennent régulièrement des crédits de montant supérieur à un montant M3 (Pour le Bénin M3 = 100 000 FCFA).
Nous pensons que les clients de la classe (3) sont d'office bancarisables. La mise en place d'un mécanisme de transition IMF-banque permettrait de les reverser dans la clientèle bancaire.
Les clients de la classe (2) sont bancarisables selon le type de profession. Un fonctionnaire (lettré) qui honnore régulièrement des engagements financiers de ce niveau est capable de recourir aux services bancaires. Par contre pour les professions agricoles, ce n'est pas évident que la banque dispose des outils d'accompagnement nécessaires pour rentabiliser ses services compte tenu de la faiblesse du montant.
Les clients de la classe (1) peuvent difficilement intéressés les banques.

La mise en place d'un tel mécanisme d'assistance pour le passage des populations des IMFs ves les banques nécessite une collaboration entre les différents acteurs du secteur que sont les banques, les autorités monétaires et l'Etat qui a un rôle très important. La bancarisation de masse est avant tout une décision politique. Et elle a un coût qui ne peut être supporté par les seules institutions financières.

GAJ.