apbefCILa campagne de promotion de la bancarisation  et d'utilisation des moyens de paiement scripturaux  lancée récemment par le Gouverneur de la BCEAO dans les huit pays membres de l'UEMOA constitue un véritable espoir pour le secteur bancaire et financier. L'objectif fixé par les autorités monétaires est de faire passer le taux de bancarisation de 5% en moyenne à 20% en 5 ans. Un tel objectif est à portée de main (confère notre article du 29 septembre 2010). Il reste cependant nécessaire que les banques commerciales jouent réellement leur partition. Ce n'est pas forcément un acquis.
En effet, dans le cadre de la modernisation des systèmes et moyens de paiement et en complément des efforts financiers importants de la Banque Centrale, ces banques ont fait des investissements non négligeables pour mettre en place des infrastructures de télécommunication, acquérir des plateformes de raccordement au système de télécompensation, acquérir du matériel informatique pour la solution de gestion des transferts en temps réel, recruter du personnel, etc. Elles paient également des redevances périodiques à la Banque Centrale pour l'utilisation de ces systèmes. Il est à craindre qu'une politique de rentabilisation à court terme de ces investissements ne remette en cause l'objectif d'amélioration du taux de bancarisation et d'utilisation des moyens de paiement scripturaux. La facturation des services bancaires élaborés sur la base des nouveaux systèmes de paiement ne devra pas viser l'équilibre financier à court terme. Ces investissements devront être amortis puis, rentabilisés à moyen et long terme. Toute autre politique risque de surenchérir le coût des services bancaires et de produire un résultat contraire à l'objectif fixé. Cette surenchère des coûts pourrait se faire au moyen de commissions indues pour échapper au contrôle exercé par la Banque Centrale sur les tarifs de certains services spécifiques.
Les banques commerciales devront accompagner  la campagne de promotion de la bancarisation et d'utilisation des moyens de paiement scripturaux dans leur pratique quotidienne de l'activité bancaire. Une vision à court terme de l'utilisation et de la rentabilisation des systèmes de paiement serait désastreuse pour tout le processus. La Banque Centrale aura toujours les moyens de les contraindre à suivre le mouvement. Mais il serait plus indiqué qu'elles y adhèrent de leur plein gré. Elles ont intérêt à jouer le jeu.